Neuf

Hier, en laissant le texte précédent sur un point d’interrogation, j’ai repris ma tablette et voilà les mots qui sont venus ;

« Longue ligne de fuite
Devant moi
Derrière moi
Ne pas la perdre

Ne pas quitter la ligne de fuite.

Rester sur la ligne de fuite.

Le tout est de rester sur la ligne de fuite.

Suivre la ligne de fuite.

Prendre la ligne de fuite

Je cherche une ligne de fuite
Celle qui mène à l’infini

Écrire, c’est prendre la poudre d’escampette
Écrire, c’est suivre une ligne de fuite
Écrire pour trouver une ligne de fuite.

Écrire, c’est tracer une ligne de fuite. »

Arrivé à cette affirmation, assez satisfait de la formule, j’en parle à ma copine, qui est par ailleurs ma femme mais je n’aime pas ce mot pour parler d’elle, il est trop dur, copine est bien plus doux et si on a choisis de vivre ensemble c’est bien parce que c’est doux entre nous ! Parfois…. Bref, je lui en parle et elle trouve la formule intéressante mais aussitôt, dans un sourire qui se veut complice, elle me dit « Allez va, avoue, c’est pas toi qui a trouvé ça…  » D’autant plus fier et sûr de mon affaire, je tape la phrase dans le moteur de recherche, inutile de dire que c’est Google, et je tombe sur un texte d’un certain Gilles Deuleuze dont le nom me serait étrangé si je n’avais pas suivi, à l’époque où elle était diffusée sur M6, l’émission « La nouvelle star ». En effet, on y entendait André Manoukian, un des membres du jury, l’évoquer. C’était d’ailleurs assez drôle cette incursion de la philosophie dans une émission de variété. Manoukian ne manque pas d’humour.
Pour en revenir à l’opprobre qu’a jetée sur moi ma belle, (depuis que je sais qu’elle s’est abonnée à mon blog, je vais pas la traiter de pouffiasse !) elle me rappelle que j’ai déjà été accusé cette semaine de plagiat à propos de ces deux vers ;

Je dégrafe ton corsage
J’agrafe ton corps sage

Maintenant que j’y pense, on m’avait déjà fait ce mauvais procès quand j’avais usé ainsi de la rime en « aise » ;

Regard de braise
Envie de baise

J’ai essayé des poésies plus métaphysiques mais ça passe beaucoup moins bien, enfin, ça dépend des publics. La tendance c’est quand même clairement le thème du sexe et il faut en plus que ça soit bref et intense. Il n’y a pas que le « Aïcul » dans la vie !

J’ai vite remballé ma poussée d’ego quand j’ai découvert la pensée du philosophe du prime time d’M6. Je ne sais pas par quoi commencer, c’est encore tout frais dans mon esprit cette découverte et ça me chamboule. Voilà ce qu’il dit ;

« La grande erreur, la seule erreur, serait de croire qu’une ligne de fuite consiste à fuir la vie; la fuite dans l’imaginaire, ou dans l’art. Mais fuir au contraire, c’est produire du réel, créer de la vie, trouver une arme. »

Je suis heureux ce matin, Gilles Deleuze parle une langue que je comprends et, pour reprendre les mots d’un ami ;

« Parler la même langue que quelqu’un, avec des mots qui pèsent le même poids, c’est déjà être un peu moins seul. »

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