Vingt

 » Il refusa que sur la tombe on écrivît ces mots : je touche à la fin le BONHEUR EXTRÊME.
La tombe elle-même, un jour, disparaîtra.  » (G. Bataille)

Alors qu’en Bretagne, à l’époque du néolithique, des hommes ont érigés des tombeaux avec les pierres les plus résistantes dans l’espoir qu’ils traversent le temps, à l’inverse, d’autres hommes, comme Georges Bataille, se rassurent en pensant que le temps viendra à bout de leur sépulture. Pour mémoire, Georges Bataille, c’est celui-là même qui n’attends rien de la flèche qu’il tire sinon de la voir se dissoudre dans l’air de la nuit (voir l’article 18). Les uns et les autres rêvent pourtant d’éternité, en humains qu’ils sont, mais les uns et les autres ne conçoivent pas l’éternité de la même manière. Pour les uns, l’éternité c’est la persistance de soi au-delà de la mort, pour les autres, l’éternité c’est la disparition de soi jusque dans la mort. Pour les premiers, l’éternité c’est l’affaire du futur, pour les seconds, l’éternité c’est l’affaire du présent. Les enfants sont très forts en éternité, ils jouent. Jouer est une faculté qui n’est pas l’apanage que des enfants, les adultes aussi la possède. Mais c’est plus difficiles pour les adultes d’être raisonnables, c’est plus difficile pour eux de perdre la raison, c’est plus difficile pour eux de se dissoudre dans l’air de la nuit, c’est plus difficile pour eux de se détacher d’eux-même, c’est plus difficile pour eux d’aimer. C’est plus difficile, parce que les enfants en devenant adultes ont pris peur de la mort. Pour se rassurer, ils s’accrochent à eux-même comme à la branche d’un arbre, par crainte de tomber, alors qu’en la lâchant, en s’oubliant, comme ils le faisaient avant, ils pourraient voler.

Ensevelie souffle coupé
Dans ses baisers l’éternité
Comme une fête puérile
Née d’un sourire de la nuit
Rit joue jouit pleure et s’oublie
Dans une bouche juvénile.

Georges Bataille

Je laisse également ce lien vers un poème de Thomas Vinau dans lequel il est aussi question d’une perte pour aimer ;

http://schabrieres.wordpress.com/2014/07/28/thomas-vinau-poeme-2014/#comments

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