Vingt-trois

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J’ai donné des numéros à mes articles depuis la création de ce blog, parfois pourtant des titres me viennent à l’esprit mais par commodité, je garde les numéros. Le titre que j’aurai donné à celui-là est; « L’arc de cercle des existentialistes ».

À l’occasion d’une table ronde, Alain Guyard, professeur de philosophie, dessine au tableau un arc de cercle et commente ;

« Qu’est-ce que les gens voient ? Tous, on pourrait faire des statistiques, ils voient un cercle qui n’est pas fini. Sartre dit non, c’est pas comme ça qu’il faut voir les choses, si on est véritablement existentialiste, c’est pas un cercle qui n’est pas fini, c’est un arc de cercle ouvert, et cette ouverture c’est pas une damnation, c’est cette ouverture qui fait que notre monde n’est pas un monde de la clôture, c’est cette ouverture qui fait qu’on n’est pas bloqué dans le besoin, c’est cette ouverture qui fait qu’on n’est pas condamné à la répétition. Cette ouverture, c’est quoi ? C’est l’ouverture au désir, c’est l’ouverture à un manque qui est également le pieds d’estale de l’appétit de vivre, c’est la liberté quoi ! »

Je vois une erreur dans sa démonstration, elle vient du fait qu’il dise de son dessin que c’est un arc de cercle ouvert. Il fait un pléonasme, un arc de cercle est toujours ouvert. Un cercle pas fini par contre est un cercle ouvert. Son erreur est peut-être due au fait qu’il a de la peine à se ranger du côté de Sartre, à voir dans ce dessin un arc de cercle. Je partage le point de vu des existentialistes sauf que je ne vois pas représenté sur le tableau un arc de cercle. Je vois, comme « tous, on pourrait faire des statistiques », un cercle pas encore fini ou un cercle ouvert, je m’explique ;
Nicolas de Cues, philosophe Allemand de la première moitié du 15 éme s a eu recours aussi à un dessin pour asseoir sa pensée. Son dessin est un cercle dans lequel s’inscrit un polygone. Il explique que quelque soit la taille du polygone, aussi nombreux soient ses côtés, jamais le polygone ne parviendra à s’identifier au cercle. Ce que veut dire Nicolas de Cues avec cette image, c’est que quelque soit l’effort de l’homme pour connaître la vérité, jamais il ne pourra l’atteindre. Il restera toujours un espace entre sa connaissance et la vérité. Cet espace, il me semble que c’est le même espace qui fait qu’un arc de cercle n’est pas un cercle. Cet espace-là, pour reprendre un terme que j’ai utilisé à foison dans l’article précédent, est l’inconnu. Cet espace ne peut resté comme tel, « la nature a horreur du vide » disait Aristote. Il nous appelle. Il nous fait désirer. Il nous fait désirer comme on a tous, « on pourrait faire des statistiques… », le désir de faire se rejoindre les deux extrémités d’un arc de cercle, comme on a tous le désir de faire en sorte qu’une boucle soit bouclée, d’ailleurs Alain Guyard lui-même, l’existentialiste, tente dans sa démonstration de fermer le cercle en traçant des pointillés entre les deux extrémités de l’arc de cercle. Tenter de faire se rejoindre les deux extrémités d’un arc de cercle pour former un cercle avec des pointillés ou essayé qu’un polygone circonscrit dans un cercle s’identifie à ce cercle en multipliant ses côtés cela consiste à créer, et créer, « C’est la liberté quoi! ».

Ps; Voilà la vidéo, la démonstration d’Alain Guyard commence à 5’20, les pointillés sont réalisés à 5’50, allez voir c’est plus fort que lui, ça s’appelle la puissance de créer.

https://m.youtube.com/watch?v=U__6UiBkAEY

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2 réflexions sur “Vingt-trois

    1. Non, je ne les connais pas, mais c’est un gars qui manifeste un enthousiasme communicatif pour ce domaine, en plus, il est soucieux de faire partager son savoir aux autres, aussi, il nourrit ses démonstrations d’exemples. Je ne connais pas bien la philosophie, j’aime bien quand l’envie me prend d’aller fouiner dans les écrits des philosophes. Ca me manque un peu ces temps-ci, lire un auteur et découvrir sa pensée, la comprendre, c’est un peu la même impression que l’on ressent face un poème, le monde s’unifie. Je suis revenu ici ce matin à cause de Nicolas de Cues, sur Héraldie, un poème à été publié avec un dessin qui représente une forme géométrique qui m’a fait penser à ses schémas. Je te recommande la poésie qui l’accompagne, elle est signée Jean d’Armelin. Elle a du souffle.

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