Vingt-sept

« Je le répèterai sur tous les tons : le monde n’est habitable
qu’à la condition que rien n’y soit respecté. »
Georges Bataille

Georges Bataille c’est la culture du désordre. C’est partout présent chez lui cette idée qu’il faut transgresser. C’est grâce à cela qu’on atteindrait la jouissance. C’est pour ça que je suis là, devant mon clavier, parce que c’est le moyen pour moi de l’atteindre. Écrire répond à un besoin de m’extraire de l’oppression, de me libérer. La prison dans laquelle je suis n’a pas de barreaux. Je pense que nous avons tous à nous extraire d’une prison.

 » On ne saurait toujours dire ce que c’est qui enferme, qui mure, qui semble enterrer, mais on sent pourtant je ne sais quelles barres, quelles grilles, des murs. »
Van Gogh, Lettres à Théo

« Il est essentiel pour les hommes d’arriver à détruire cette servilité à laquelle ils sont tenus par le fait qu’ils aient édifié leur monde, le monde humain, monde auquel je tiens, d’où je tiens la vie, mais qui tout de même porte avec lui une sorte de charge, quelque chose d’infiniment pesant, qui se retrouve dans toutes nos angoisses et qui doit être levé… »
Georges Bataille

Je pense aussi que le sens de notre vie est là. Nous avons besoin de l’enfermement pour nous libérer. Nous sommes enfermés de naissance. L’enfermement est dans nos gènes. C’est constitutionnel. Nous nous en plaignons parfois, mais sans lui, il n’y aurait pas de joie. Je retrouve, en parlant d’enfermement, le thème de « l’ouverture » que j’ai abordé dans un chapitre précédant avec Nicolas de Cues et Sartre. Une ouverture suppose une fermeture, des limites à transgresser. Ça date de la nuit des temps que les hommes transgressent, ne respectent pas les limites. À en croire la bible, ça date depuis la première limite qui leur a été posée. Dieu leurs avait fournit, croyait-il, un paradis, avec le jardin d’Eden, tout y était à profusion. Les hommes pouvaient faire, à une exception près, tout ce que bon ils leur semblaient. La seule chose que Dieu leur a interdit, c’est de manger un des fruits du jardin. La punition divine, ils étaient prévenus, c’était de devenir mortels. Mais ils n’en ont eu que faire, comme pour Georges Bataille, le monde ne leur a paru habitable qu’à la condition que rien ne soit respecté et ils ont mangé le fruit. Et depuis c’est l’angoisse, on se trimbale la mort à gérer et cette foutue culpabilité qui s’est transmise jusqu’à nous de génération en génération ! Un peu de respect, quand même, ça fait pas de mal !

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