Trente-trois

« Peut-être l’abandon n’est-il possible que dans la pleine mesure de soi. »

Article 32, Comme un cheveu sur la soupe.

C’est ce qui s’appelle prendre la pleine mesure de soi ! Plaisanterie mis à part, je me demande à quoi peut ressembler « la pleine mesure de soi ». Il y a des mots qui arrivent quand on écrit, de nulle part. Ils font irruption dans notre esprit. On ne les accepte pas d’emblée parce qu’ils paraissent souvent incongrus au premier abord. Et puis on les laisse s’installer parce qu’on leur trouve quand même un je-ne-sais-quoi d’intéressant et parfois même ils finissent par nous sembler juste. Quand je dis, il viennent de « nulle part », c’est faux, ils viennent bien de quelque part mais on ne sait pas d’où. Je ne sais pas d’où viennent ces mots « la pleine mesure de soi » mais ils exercent un attrait sur moi. Dans la phrase de Georges Bataille que j’ai mis en exergue de l’article précédent, il est question d’une « fascinante » discontinuité. « Fascinante » est un autre terme qui exerce un attrait sur moi ce matin. Je suis fasciné par le verbe fasciner. En ce qui concerne la pleine mesure de soi, ma réflexion me mène à une impasse. Comme ça, à la volée, je dirais que la pleine mesure de soi c’est le vide, c’est l’abîme, la discontinuité dont parle Georges Bataille. Est-ce une impasse ? C’est une impasse dans le sens où il ne faut rien en attendre d’autre qu’un mystère. Un mystère n’est pas une impasse. La pleine mesure de moi m’est inconnue et me fascine. La pleine mesure de moi c’est une attente. Une attente c’est à la fois douloureux mais ça nous rends aussi vivant, on éprouve la vie dans l’attente. Quand on est amoureux, l’être aimé, si il est absent nous manque, c’est douloureux mais c’est aussi un moment délicieux; on l’imagine. Ce mystère qu’est la pleine mesure de soi nous donne à penser l’impensable, à dire l’indicible, la continuité, la mort, si j’ose dire. N’est ce pas cela la poésie ?

Je viens de trouver sur le site « Beauty will save the world » ce poème publié ce matin même ;

Tout au fond de l’homme

Tout au fond de l’homme

ce puits d’eau trouble.

Dans la source d’eau claire je veux voir la vie.

Tout au fond de l’homme ce puits d’eau trouble.

Dans la source d’eau claire cette ombre, seule.

Tout au fond de l’homme ce puits d’eau trouble.

Miguel Hernández –

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