Trente-six

« Me revoilà, assis sur une pierre, à peine réchauffé par les premiers rayons du soleil. »

Je suis en quête du mot libérateur. Tant que je ne l’ai pas trouvé, c’est la morosité. De mon texte d’hier, ce qui me revient, ce qui reste finalement, c’est moins les correspondances que j’ai établies entre des auteurs, qui sont certes, sources de satisfaction, que le préambule à ce texte. Je ne saurais dire pourquoi. Peut-être est-ce parce j’ai saisi avec ces mots un instant particulièrement agréable, parce qu’ils me permettent de le revivre. J’ai retrouvé internet depuis ce matin, j’ai tapé dans Google, « Au Dieu inconnu », et j’ai trouvé « Agnostos Theos », sa traduction grecque et l’histoire qui va avec. 600 ans avant que Saint Paul rencontre les athéniens, un monument aurait été érigé en l’honneur de ce Dieu, alors que sévissait une épidémie. Ce que j’ai trouvé également en surfant, c’est que John Steinbeck avait écrit un roman portant ce titre, dont voici un extrait ;

 » Père a été rappelé à Dieu il y a trois jours. Nous sommes tous restés près de lui, dans ses derniers moments. Tous sauf toi. Tu aurais dû attendre.
A la fin, il n’avait plus tous ses esprits. Il a dit des choses très étranges. Il parlait de toi, mais surtout il s’adressait à toi. Il disait qu’il aurait pu vivre aussi longtemps qu’il l’aurait voulu, mais qu’il désirait voir ta nouvelle terre. Il était obsédé par cette nouvelle terre. Il disait : »Je ne sais pas si Joseph aura pu choisir une bonne terre. Je me demande s’il sait faire ces choses-là. Il faut que j’aille voir. »
Et puis il a beaucoup parlé de planer en l’air au dessus du pays et il croyait qu’il le faisait. Finalement, il a paru s’endormir. Papa délirait. Je devrais taire ses paroles et ne jamais les répéter, parce qu’il n’était plus lui-même. Il parlait de l’accouplement des animaux, il disait que toute la terre était un….Non, je ne vois aucune raison de le répéter. Cela m’a troublé que ces dernières paroles n’aient pas été des paroles chrétiennes. Je ne l’ai pas dit aux autres, parce que ses derniers mots ont été pour toi, comme si tu avais été là. »

J’aurais pu choisir un autre extrait de ce livre, glané sur internet, ils mériteraient tous d’être lus. J’ai choisi cet extrait-là parce qu’il parle à la fois de l’amour filial et de l’amour de la terre, de la croyance et puis parce que c’est une lettre, et que j’aime les lettres. Elles sont parfois d’une authenticité déchirantes. Je pense que nous avons beaucoup perdu à ce niveau avec le téléphone. L’écrit nous révèle à nous-même et à l’autre bien plus que la parole. Il nous demande un effort, mais nous incline en-même temps à la méditation, à nous recentrer sur ce qui est important dans nos vies, comme l’est par exemple, l’instant que j’ai relaté en préambule à ce message. Cet instant où j’ai éprouvé comme une continuité avec la nature.

En parlant de soleil, pour que la route soit moins pesante;

La source et l’essence de notre richesse sont données dans le rayonnement du soleil, qui dispense l’énergie – la richesse – sans contrepartie. Le soleil donne sans jamais recevoir…
La Part maudite (1949)
Georges Bataille

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