100. Y a d’la joie !

Nos trois fils sont partis pour défendre la France
Ils ont durant cinq ans le combat soutenu.
Si nous vivons encor c’est grâce à leur vaillance
Dieu soit béni ! Nos fils sont chez nous revenus.

Les combats ont pris fin. Fauchés par la bataille,
Des milliers de héros, sublimes inconnus,
Par les champs oubliés, dorment sans funérailles.
Dieu soit béni ! Nos fils sont chez nous revenus.

La moitié de la ville a brûlé. La mitraille
A brisé nos meubles en cent fragments menus.
Partis nos matelas, nous couchons sur la paille.
Dieu soit béni ! Nos fils sont chez nous revenus.

Pour manger à peu près en ces temps de famine,
S’use le capital avec les revenus.
Point de pain, point de vin, ni sucre ni farine.
Dieu soit béni ! Nos fils sont chez nous revenus.

Nos yeux vont s’éteignant, notre cerveau vacille,
Nous demeurons encor ici bas retenus
Par un fil qui devient chaque jour plus fragile.
Dieu soit béni ! Nos fils sont chez nous revenus.

Et quand, destin commun, lorsque de déguerpir,
Notre rôle accompli, les temps seront venus,
Notre âme en s’exhalant dira dans un soupir :
« Dieu soit béni ! Nos fils sont chez nous revenus. »

(Docteur Henri Lescoeur, 1919)

Ça n’est pas la Mathilde de Jacques Brel qui est revenue mais les fils d’Henri Lescoeur. Je mets ces deux textes en parallèle parce qu’ils expriment tous les deux, avec simplicité et force, l’émotion que provoque chez eux un retour inespéré, tellement inespéré qu’ils ont besoin de se le répéter pour y croire, le grand Jacques sort largement vainqueur du duel avec seize répétitions contre six pour Henri. Bien plus qu’un témoignage sur la première guerre mondiale, ce poème d’Henri Lescoeur exprime magnifiquement l’amour d’un père pour ses enfants.

Pour en savoir prusse sur cet homme et surtout sur l’un de ses fils, Léon, qui était du combat contre les « Prussien » et qui a réalisé le dessin d’entête de cet article, rendez vous sur « Bleu de prusse », le blog d’Anne Le Maître, une autre artiste aux multiples facettes.

http://alm-bleudeprusse.blogspot.fr/2014/11/carnet-de-guerre-fin.html

À Prusse.

PS; Le lien vers « Mathilde » de Jacques Brel est là. Je ne suis pas las de me le repasser;

https://m.youtube.com/watch?v=uFGsoJlizD0

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5 réflexions sur “100. Y a d’la joie !

  1. salut vincent voila un petit moment que l on ne s est pas vu et je pense a toi ce soir en ecoutant ssur f.c.la ledture d un livre de francoise sagan « avec mon meilleur souenir » va savoir pourquoi. l ecriture tout simplement. ce qui m a permi voulant t envoyer un petit message de te lire un peu,ce que j ai deja fai d autres fois avec plaisir.je ne sais pas ou tu trouvesle temps d ecrire tout ca mais aussitot la question posee je me suis dit que je devais bien passer autant de temps les pinceaux a la main en me posant les memes questions car existe t il une bonne raison de passer autant de temps devant un support fixe et a le remplir de formes souvent incomprehensible pour les autres sinon que se chercher soi meme tout en sachant qu il ny a pas de reponse. je poursuis quand meme.pour ma part lecture je suis plutot chez montaigne en ce moment l ami de presque tout le monde meme si je n en oublie pas pirote… ton texte sur mac carty se discute , une reaction a la provocation me parait plutot sain. Lle vandalisme est sans doute une erreur mais tout accepter sous pretexte d oeuvre artistique me fait l effet du troupeau de mouton belant devant ce qu on lui dit etre bon. a mediter. j espere te revoir bientot pour blablater… TRES AMICALEMENT

    Aimé par 1 personne

    1. Quel plaisir de te lire Yves ! Ta phrase à partir de « Existe t il », m’a particulièrement interpellé au point que je l’ai commentée à l’article 105. Une Lumière dans les ténèbres. Avec plaisir pour le blablatage de vive voix mais en attendant je te propose de continuer à blablater avec moi sur ce blog.
      TRÈS AMICALEMENT

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  2. Merci, Vincent, pour cette postérité inattendue donnée à quelques coups de pinceaux et quelques lignes irrégulières (et qui riment).
    Allez : on va changer les draps et on réécoute « Mathilde »

    Aimé par 1 personne

    1. Le plaisir est aussi pour moi, parce que ça te face plaisir mais aussi parce que j’ai aimé la fraîcheur de cette poésie, son enthousiasme palpable, et j’ai aimé bricoler cet article comme ton aïeul a du aimer bricoler ce poème.
      Amitiés

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