111. Le cerveau du maître

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La première fois que j’ai ressenti le besoin d’écrire une nouvelle, ça a été pour parler de mon année de CM2. Ça m’est revenu à l’esprit hier, sans doute à la suite de mes confidences de l’article « 108. London Calling », dans lequel je faisais état de mes déboires scolaires. En résumé, les deux cancres de la classe étaient restés en retenue après l’école. C’était bientôt Noël, il neigeait. À un moment de l’histoire, un des deux élèves, qui avait été violemment giflé par le maître le matin même – il en était résté presque KO – se trouve à l’étage alors que le maître le cherche au rez de chaussé. L’élève l’aperçoit dans la cage d’escalier. Il décroche un extincteur qu’il jette sur le maître. Il atterrit sur son crâne qui éclate. L’élève descends et récupère le cerveau. Il veut voir comment est le cerveau de quelqu’un d’intelligent, lui qui se croit privé de cette faculté comme d’autres le sont de la marche parce que cul-de-jatte. Il l’inspecte, le compare avec la cervelle de mouton qu’il se force à manger en espérant que ça le rende intelligent. Hormis la taille, il ne voit rien de différent, il pensait voir dans le cerveau du maître des tables de multiplication, des dictées sans fautes, des cartes de géographies… Il sort de l’école avec le cerveau dans un seau et il court dans la neige. La ville est déserte, il marche au milieu de la route, sous ses pas la neige fraîche crisse. Il finit par poser son trophée sur le sol parce qu’il veut être plus libre de ses mouvements. Il s’imagine dans un stade. Il est Michel Platini. Il s’apprête à tirer un coup franc. Il s’élance, frappe le ballon de l’intérieur du pied en le « brossant ». Le ballon contourne le mur formé par les joueurs adverses et vient se loger dans la lucarne du but. Il exulte, il court dans tous les sens sur le terrain, les bras au ciel, au milieu des clameurs des spectateurs. Il est ramené à la réalité par des aboiements. Au fond de la rue des chiens errants se dirigent vers lui à toute allure. Il prends ses jambes à son cou délaissant le seau. Les aboiement s’arrêtent. Il se retourne et voit les chiens déchirer avidement entre leurs crocs le cerveau du maître.

http://www.alittlemarket.com/broche/fr_le_cerveau_du_maitre_broche_double_resine_-12287763.html

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18 réflexions sur “111. Le cerveau du maître

  1. Métaphore qui guérit ou joli conte de Noël…. c’est comme il vous plaira et selon vos émotions ! à consommer sans modération, pour les petits et les grands.

    lutin

    « … tu vois, la petite histoire que j’aime vraiment beaucoup, c’est celle du lutin dans la forêt… c’est un lutin intelligent et vif, il connait la forêt comme sa poche, tout le monde l’aime, il sourit beaucoup, il est sympa et a plein d’amis… parfois, il a comme une sensation étrange qui le gagne, comme un creux vide dedans lui, pas un creux plein, non un creux vide… qu’il repousse vite car il a tout pour être heureux. Aussi, on lui a appris que la vie est souvent un combat !

    GALET NOIR VRAIUn matin tôt, il trouve un caillou pas comme les autres, sous un arbre… il le prend et le regarde sous toutes les coutures et manque le lâcher de surprise quand tout à coup le caillou lui parle…
    « s’il te plait, mon ami lutin, je suis la partie de toi qui a peur parfois, peur d’être toute seule, peur de mal faire, de ne pas faire ce qu’il faut… ne m’abandonne pas maintenant que tu m’as trouvé, j’ai des choses à te dire »
    Le lutin écarquille les yeux à la fois de stupéfaction et de curiosité devant ce qui semble bien une réalité, un caillou sonore…
    « Mais qu’est-ce que tu pourrais bien avoir à me dire, tout va plutôt bien, que des petites choses, des trucs que s’il ne m’arrive que çà dans la vie… »
    Heureusement, comme je l’ai dit, ce lutin est curieux et intelligent, alors il se cale contre l’arbre, il approche le caillou de sa petite oreille, il écoute…il répond…il écoute encore et répond encore… et après un long moment comme çà, il murmure au caillou :
    « je te le promets, je vais me regarder tout entier dans le miroir, tout entier et je vais souvent nettoyer mon miroir pour mieux me voir… »
    Ils se parlèrent encore un peu puis le lutin fit rouler avec soin le caillou dans l’eau claire du ruisseau comme il le lui avait demandé.
    Le lutin leva les yeux vers le ciel, ouvrit grand sa poitrine pour remplir ses poumons d’air, plusieurs fois, tranquillement, avec le doux son du ruisseau dans ses oreilles, le doux rayon du soleil sur son visage et le doux vert de la forêt dans les yeux.
    Une belle journée allait commencer. »

    Merci à Patricia RIVERA pour cette belle métaphore

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Vincent,
    Il y a souvent des allusions à ce que j’écris dans tes articles, ce qui n’est pas un souci en soi.
    Mais le côté gore m’interpelle.
    Si je peux me permettre de dire ce que je pense: je trouve la poésie bien noire ces temps-ci, trop pour ton intelligence et ton humour.
    Bien amicalement 🙂

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  3. Salut Antigone,
    Pour les allusions, ça ne peut être que pure coïncidence mais je n’y aurais vu, si ça avait été le cas, moi non plus, aucun souci. Je passe beaucoup plus de temps à lire qu’à écrire, lire et écrire me semblent des activités indissociables, ce que j’écris est forcément inspiré par les autres. Par exemple, dans la minute qui a précédé la lecture de ton message, je commentais, par écrit, les paroles d’une chanson de Serge Gainsbourg qui s’est imposée dans ma tête tout au long de la journée. Pour le côté gore, je ne choisi pas, mais je crois que nous avons déjà eu cette discussion à propos de ma trivialité. J’aimerais que tout ce que j’écris plaise mais je ne ferai rien pour que ça plaise, j’en serai bien incapable, je n’écris pas pour les autres, j’écris pour ne pas crever. Je suis heureux d’avoir et tes nouvelles, tu as été l’une de mes premières interlocutrices à un moment où je prenais pieds dans cet espace merveilleux qu’est la poésie. Je pèse mes mots, quand je dis merveilleux, les arabes la nomme « magie autorisée », j’ai fait un article là-dessus, « Sihr Hallal », je ne me souviens plus du numéro, c’est assez récent, c’était à propos du poète Djami, une très belle découverte. Biensûr que tu peux te permettre de dire ce que tu penses, ta vérité, rien que ta vérité ! L’espace de commentaire de ce blog est ouvert à tous, je m’en nourri beaucoup, il n’y donc pas que les écrits de Djami, les poèmes d’Henri Michaux ou les paroles des chansons de Gainsbourg qui m’inspirent…

    Bien amicalement à toi et au plaisir de te lire.

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    1. Ce n’est pas à ta supposée trivialité que je pensais. TTues intelligent et le sais pertinemment 😉
      Mais dis-donc, parfois tu fiches la trouille 😉
      Mais allons, tant mieux si tout va bien.
      J’aime pas Michaux non plus, mais alors pas du tout, pardonne-moi.

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    1. Of course JPierre, qu’est-ce que c’est lourd!
      çà ne te vient pas à l’idée de laisser la parole des femmes libres, c’est-à-dire très exactement sans allusion fabriquée par d’autres que ceux qui s’expriment.
      Une femme, amie de la poésie, Antigone qui sait parler directement sans intermédiaire, vient s’assurer que tout va bien pour un autre ami des poètes.
      Merci pour ta compréhension future si jamais ô scandale, je venais à nouveau à m’exprimer ici.
      Cela dit bonne soirée.

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  4. Ne te flagelle pas davantage avec l’orthographe puisque tu viens de « tuer le maître ».
    Laisse le jeune Vincent quitter ce CM2 merdique.
    Perso, je ne te lis pas pour vérifier les accords mais pour le plaisir!!!!!

    Aimé par 2 people

  5. J’ai mis un like, mais je ne sais pas quoi dire, je suis touché en plein cœur, comme souvent avec tes commentaires. Ta composition me plait bien, en la voyant j’ai déjà changé le titre de ma nouvelle, me permets-tu de mettre ta photo en image à la une ?

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