131. La disparition-Les revenentes

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La disparition est un livre de Georges Perec écrit sans la lettre « e » (Voir article 130). L’interprétation la plus commune qui a été donnée à ce livre, est que ce « e » qui a disparu et que les protagonistes de ce roman policier recherchent activement, c’est « eux », les parents de l’auteur, qu’il a perdu tragiquement alors qu’il avait à peine cinq ans. Cette hypothèse est renforcée par le fait que dans une interview, Georges Perec précise que « Si pour écrire, on décide de se priver d’une lettre de l’alphabet, pour peu qu’elle soit importante, on va assister à une véritable catastrophe », or on conçoit assez bien que le fait d’être orphelin si jeune ai été vécu par l’auteur comme une catastrophe. Georges Perec rejouerait par l’écriture de ce livre la scène traumatisante de la disparition de ses parents, comme Ernest, le jeune neveu de Freud, dix huit mois, le fait à propos de celle de sa mère avec une bobine de fil. En effet le créateur de la psychanalyste a observé que lorsque sa mère s’absente l’enfant joue à faire disparaître une bobine de fil, il accompagne ce jeu de ces vocalisations, des « o-o-o », empreints de tristesse, quand la bobine disparaît et d’un « da! » de contentement quand il la ramène à lui, d’où le nom de jeu du « Fort-da », que l’on peut traduire de l’allemand par jeu de « parti-là », que Freud a donné à ce jeu. On ne peut qualifier cette observation d’affabulation freudienne (cf; Michel Onfray) tant cela saute aux yeux qu’un enfant reproduit symboliquement dans ses jeux des situations qui ont imprégné son psychisme. Cette comparaison entre ce livre et le jeu du « fort-da » trouve toute sa pertinence quand on sait que Georges Perec a fait réapparaître la voyelle manquante, trois ans plus tard, dans son livre « Les revenentes », la seule voyelle utilisée dans ce livre étant la voyelle « e ». Pour appuyer encore cette comparaison on peut constater que « La disparition » est un roman marqué par des événements tragiques, la disparition systématique par la mort des personnages, alors que « Les revenentes » est un livre jouissif dans lequel on n’a à déplorer aucun décès et qui est parsemé de descriptions d’orgies orgasmiques.

Georges Perec a déclaré à propos de l’écriture et de ses parents;

« J’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture, l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie. »

Cette définition de l’écriture convient parfaitement au jeu du « fort-da » qui permet tout à la fois à Ernest Freud, de se souvenir de l’absence de la personne aimée tout étant acteur de sa vie.

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9 réflexions sur “131. La disparition-Les revenentes

  1. ça s’améliore !
    D’accord avec Toi, Vincent, et Michel Onfray, Freud est un neurologue, qui, comme les enfant que Nous « Encadrons « , maîtrise mal la pensée symbolique !

    Et de même, je préfère « Les Choses « , et « W « , ….

    Quant à La Linguistique, il a fallut tout le talent de Lacan pour le réhabiliter auprès de nos compatriotes français,
    Bonne soirée,
    J.P

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  2. Nous n’aimons pas beaucoup, chez Nous, Les Compagnons Charpentiers du Devoir de Liberté, ceux qui menuisent,….
    Nous les appelons « Les Pots-à-Colle « ,

    C’est comme les médecins, et les chirurgiens,….!! Et Ils Nous le rendent Bien !!’,……
    ^_^
    Amitiés,

    J.P.:

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  3. Qu’est-ce que l’amitié?
    Cela consiste-t-il à balancer à l’écran une tonne d’infos par vidéos interposées? Et le plus souvent en montant les uns contre les autres parce que manifestement on ne comprend pas véritablement ce qu’écrivent les autres. L’intelligence, c’est parfois s’abstenir et laisser nos amis prendre leurs propres décisions, libre faculté de se déterminer en tout.
    C’est très intello tout çà, mais çà part à peu près dans tous les sens, et parfois le pire.
    Il manque l’humain.
    Vincent, tu es intelligent, tu écris très bien. Fais- toi confiance et tiens-toi à ce que toi seul pense.
    Loin des esprits peu clairs.
    Fiat lux! Et si seulement cette lumière pouvait faire pâlir les orgueils juste ce qu’il faut pour se sentir de bonne humeur pour de bon.
    Là est l’essentiel pour ce qui me concerne.
    Bonne soirée.

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  4. à Antigone 815,
    Vous avez raison sur toute la ligne, Madame, et ce faisant vous avez moults tords!!
    Cependant, ceci n’est pas mon Blog!!
    Et puisque vous ne souffrez pas la discussion, préférez le sucre glace et le papier bonbon rose, pour faire passer la pilule, non plus que le « Brain-storming « , sans doute insupportable à vos neurones apparemment très fatigués, souffrez, Madame, je m’en aille !!
    Bien cordialement à Vous,
    Et Joyeuses Fêtes, Amitiés,
    J.P.:

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    1. Je ne comprends rien: quel est le rapport entre dire ce que l’on pense et ne pas supporter la discussion?
      Et que viennent faire dans la discussion le sucre glace et le papier bonbon rose?
      Je ne t’empêche pas de t’exprimer ni de rester.
      Apparemment tu ne supportes la contradiction que lorsque tu la génères.
      Or, c’est ainsi, les autres personnes s’expriment autant que toi, ni plus ni moins. C’est très simple, c’est cela la libre expression; avec la libre pensée pour l’accompagner qui passe au-dessus des prises de paroles exclusives.
      C’est trop facile de se débiner à chaque désaccord, en accusant les autres de son propre départ.
      Tu es bien assez grand pour faire fi de ce que je pense et rester chez Vincent.

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  5. Commencer par l’individuel et achever par l’universel. Evoquer pour conclure l’attachement et pourtant à la fois la liberté. Comme une sorte de manifeste du vivre: tenter de se tenir droit sur un chemin tordu.

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