181. Que veux-tu ?

«dans un poème qui me réussit, il y a beaucoup plus de réalité que dans n’importe quelle relation, ou inclination que je puisse ressentir; là où je crée, je suis vrai et j’aimerais trouver la force de fonder ma vie totalement sur cette vérité-là, sur cette simplicité et cette joie. »

R-M.Rilke

Voilà qui tombe à pic cette citation, moi qui cherche de la joie. Mais ce qui tomberait encore plus à pic, c’est que je crée. On n’est jamais sûr d’y arriver. On crée avec l’énergie du désespoir, quand on se retrouve au pied du mur… du cimetière. J’ai envie d’insulter l’amour. Je ne suis pas le seul à éprouver du ressentiment contre lui, Hadewijch d’Anvers en avait elle aussi,

Ah ! de moi-même exilée,
où trouverais-je d’amour
un gage qui me console
et m’aide à porter ma peine ?
Il me fuit quand je le suis,
et je hante son école
sans gagner nulle faveur :
il me trahit au grand jour !

Connard! voilà ce qu’il mérite ce fils de pute. Je te hais, amour, enculé de ta sale race. Je me sens mieux tout d’un coup. Encore un petit peu. Je te crache à la gueule, je te pisse dessus, te chie dessus, je t’emmerde. Connard, t’es vraiment un gros connard. Va te faire mettre. Tu m’as planté. Je suis là comme un gros con à te chercher, j’ai tout essayé. Tu ne veux pas de moi, tu me trahis au grand jour. Que veux-tu ?

2 réflexions sur “181. Que veux-tu ?

  1. Amour, je prends congé de ta menteuse école,
    Où j’ay perdu l’esprit, la raison et le sens,
    Où je me suis trompé, où j’ay gasté mes ans,
    Où j’ay mal employé ma jeunesse trop folle,

    Malheureux qui se fie en un enfant qui vole,
    Qui a l’esprit soudain, les effets inconstants,
    Qui moissonne nos fleurs avant nostre printans,
    Qui nous paist de créance et d’un songe frivole.

    Jeunesse l’allaicta, le sang chaud le nourrit,
    Cuider l’ensorcela, Paresse le pourrit
    Entre les voluptés vaines comme fumées.

    Cassandre me ravit, Marie me tint pris,
    Ja grison à la Cour, d’une autre je m’espris,
    L’ardeur d’Amour ressemble aux pailles allumées.

    Pierre de Ronsard

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Vincent.
    La colère que je vois dans ces lignes et, plus généralement, ce que j’ai lu sur ton blog, tout cela m’évoque Louis Calaferte.
    Je te conseille Septentrion, enivrant… entre autres…
    Continue !
    Yann

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