221. Une déclaration d’amour à la vie

Déclaration d’amour

Je t’aime
Je te tiens à mon poing comme un oiseau
Je te promène dans la rue avec les femmes
Je puis te rouer de coups et t’embrasser
Ô poésie
En même temps
T’épouser à chaque heure du jour
Tu es une belle figure épouvantable
Une grande flamme véhémente
Comme un pays d’automne démâté
Tu es ceinte de fouets sanglants et de fumées
Je ne sais pas si tu t’émeus
Je te possède
Je te salis de mon amour et de mes larmes
Je te grandis je te vénère je t’abîme
Comme un fruit patiemment recouvert par la neige.

Je viens de découvrir ce poème. D’habitude, quand un poème me plait, je le publie accompagné d’une touche personnelle, un commentaire. La première chose qui m’est venue à l’esprit c’est de l’enregistrer et de l’accompagner de l’enregistrement mais ça va me prendre du temps, pas l’enregistrement en lui-même mais le temps que je vais passer à apprendre la poésie. Quand j’enregistre un poème, j’aime le savoir sur le bout des doigts. Devant le micro, je n’ai même pas le texte sous les yeux pour le cas où j’aurais un trou de mémoire, les mots doivent sortir comme si ils étaient miens, j’aime les sentir vivre en moi, j’aime me sentir vivre en eux. Le fait que ça me prenne du temps, ça me gêne parce que je suis impatient de vous le faire découvrir. Ah oui, au fait, le poème est de René-Guy Cadou, le même qui a écrit ce poème en hommage à Antonin Artaud,

Avec tes yeux comme une sonnerie bloquée Antonin
Comme un printemps foutu
Avec tes mains
Tes mains sur les barreaux de l’asile Antonin
Tes mains sur les fils électriques
Sur l’espagnolette sur la poésie partout
Antonin partout
Tes mains sur ton front pressées
Sur tous les corps de jeunes filles
Sur la campagne de Rodez
Antonin la campagne
Tu pêcherais dans la rivière
Avec une arbalète Antonin
Avec toutes les femmes
À même
À même la poésie Antonin
Et pas de camisole
Pas de frontières
Pas de répit surtout

Les quatre derniers vers sont à tomber. J’aime beaucoup le fait que René Guy Cadou s’adresse à Antonin Artaud par son prénom. J’imagine Antonin Artaud comme un homme en grande souffrance psychologique. Il y a beaucoup de tendresse dans cette poésie, c’est le mot que je cherchais, « tendresse ». Le poème précédent s’appelle « Déclaration d’amour » celui-ci pourrait s’appeler Déclaration d’amour à Antonin. Je me demande si tout poème n’est pas une déclaration d’amour… à la vie…? Je répond que oui, avec le cœur, comme le cancre de Prévert. Finalement, la voilà ma petite touche personnelle! Je le publie.

J’ai découvert le second poème d’Antonin ici,
https://schabrieres.wordpress.com/2014/07/14/rene-guy-cadou-antonin-artaud/

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