291. Une patte dans l’encrier*

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Un chat chemine dans l’atelier d’un artiste
L’homme colorie à l’encre de Chine un damier
Il s’échine à ne pas dépasser des carrés
Près du bureau, le matou joue l’équilibriste

Mais arrive le moment où c’est la sortie de piste
Badaboum! Impossible de se rattraper
Le félin trempe sa patte dans l’encrier
Et imprime le quadrillage du graphiste

Les traces des coussinets noircissent des cases
Il croit devoir tout recommencer, ça le rase
« Saleté de bestiole! » crie-il furibard

Une fois calmé, le motif lui paraît beau
Des marques accidentelles, il en fait son tableau
La création a toujours besoin de hasard**

*https://1pattedanslencrier.wordpress.com
**Jacques Godbout

8 réflexions sur “291. Une patte dans l’encrier*

  1. À bon, j’ai pensé un moment que c’était l’histoire de ton logo… Oui, c’est vrai, j’y ai pensé plus fortement en composant le sonnet précédent, je ne connaissais pas le nom scientifique de lapin et de manière un peu magique ( je ne saurais dire dans ces circonstances la différence entre magie et hazard), j’ai constaté qu’il rimait et plus encore avec le mot que je voulais placer. Je suis aller visiter ton blog hier, j’ai lu le dernier article, il m’a beaucoup plu, toujours cette légèreté, cette subtilité, cet humour qui caractérise ton écriture, sans doute me l’as-tu communiqué pour ce poème-là. Je suis ravi de t’avoir comme lecteur.

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  2. Hazard… avec un Z. C’est une faute que l’on trouvait systématiquement dans les textes de Nicolas de Staël.
    Il s’y frottait, le provoquait même, ce hasard, et pourtant, ses toiles sont d’une maîtrise remarquable.
    Sans hasard, la création serait impossible.
    Vive la sérendipité !

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  3. Avec un tel commentaire j’aurais des regrets de corriger ma faute, merci de me la signaler aussi brillamment. Je reprendrais bien un tour d’école primaire avec la nouvelle génération de professeur des écoles qui arrive…
    Stael, que je connais par l’intermédiaire de René Char est un peintre qui m’impressionne beaucoup, je vois dans ses tableaux une puissance qui confine à la folie comme dans ceux de Van Gogh. Je parle de la peinture aussi bien que je parle du vin, il y a les vins rouges, les blancs et les rosés, c’est tout dire… N’empêche que j’avais pris son dernier tableau pour illustrer ces vers de six pieds, rimés! déposer sa douleur en posant sa couleur.

    https://misquette.wordpress.com/2015/05/09/224-peindre/

    Je ne la renie pas, moi qui n’ai jamais peint, enfin avec un pinceau et de la peinture car j’espère que Comme un cheveu est coloré!
    Ravi de te savoir passer par ici. Bises à tous.

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  4. Je me sens pris d’un merveilleux frisson à l’évocation de cette boule de tendresse féline, je crois qu’il existe un véritable lien affectif indéfectible entre les grands esprits dotés de véritable sens artistique et les chats, un attachement à la fois dompté et multiplié par cet amour réciproque.
    Bravo à l’auteur(e) de ce poème plein de bonnes ondes !

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  5. Vincent,
    Loin de moi l’idée d’avoir voulu te signaler une faute ;
    cela ne me dérange pas de voir hasard écrit avec un z, surtout pas sur un blog comme le tien qui joue avec les mots, les images et les sons !
    En matière de création, tous les coups sont permis ! C’est peut-être le dernier espace de liberté qui nous reste ! Alors jouissons-en !
    Quand Monet a mis du bleu dans les ombres de ses tableaux, les papes du bitume qui occupaient alors les cimaises du Salon ont crié au scandale !
    Bonne continuation !

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