384. L’absent

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Toile d’Alex Alemany

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé*
Pour être comblé il suffit d’une personne
La condition étant qu’avec elle on fusionne
L’état amoureux nous fait l’expérimenter

L’union est source de la plus grande félicité
La solitude fait que l’on devient atone
Juste envie de se jeter sous un trente huit tonnes
Espérant que la mort saura réconforter

A un être immatériel s’unissent certaines
De sa réalité elles en sont certaines
Leurs sens témoignent qu’il est en elles présent

D’amant et de maître intérieur elles le nomment
Elles prétendent également qu’il est en tout Homme
Qu’est-ce qui fait alors qu’en moi il soit absent ?

*Alphonse de Lamartine

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382. Se rencontrer

L’histoire que je vous raconte aujourd’hui s’est déroulée à l’occasion de la fête de la Saint Nicolas alors que j’habitais en Lorraine. Il faut savoir que l’on y célèbre le saint patron et protecteur des enfants depuis des lustres. Le père Noël en serait le descendant. Ce dernier n’y a d’ailleurs pas l’envergure de l’évêque de Myrrhe pour ce qui est de la notoriété.

Cette année, la ville de Nancy renonce au traditionnel défilé en raison du climat d’insécurité ambiant. Ca risque d’être un déchirement pour beaucoup de familles de ne pouvoir se retrouver le samedi soir de la semaine du 6 décembre sur la place Stanislas emmitouflées dans des vêtements d’hiver, le petit dernier sur les épaules du papi, pour voir le Saint homme apparaître au balcon de l’hôtel de ville dans la lumière d’un projecteur et sous les applaudissements de la foule. La sécurité a eu raison de la féérie. Je crains qu’au bout du compte l’on perde l’un et l’autre. Je suis de l’avis de Benjamin Franklin;

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

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379. Belzébuth

Désolé, je vais encore parler de moi
Enfin… Vous n’êtes pas obligés de me lire
Oh! Mon dieu, comme c’est difficile d’écrire!
Dis-moi pourquoi tu ne m’en laisses pas le choix?

Voilà que je m’adresse à Dieu… N’importe quoi!
Je veux parler de ce truc qui me fait me dire
Il m’y oblige sous la menace du pire
Pas envie de me retrouver sous une croix

Je m’exécute de peur qu’il ne m’exécute
Laisse-moi tranquille espèce de Belzébuth
Qui plus est, je ne peux pas faire que cela

Ici-bas on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche
Tu vois bien que je ne suis pas Michel Delpech
D’argent, ce que j’écris ne me rapporte pas

378. Enfants de la Patrick Bruel

Lundi dernier, alors que j’étais au travail (Pour ceux qui ne le sauraient pas, je m’occupe d’enfants handicapés mentaux), avec une collègue nous revenions, en véhicule, d’une sortie. Je lui déclare, dubitatif, en parlant des enfants qui étaient à l’arrière et qui allaient participer à la minute de silence en hommage aux victimes des attentats du vendredi 13 Novembre;

– Je ne sais pas ce qu’ils vont en comprendre ?

J’étais encore plus sceptique quelques secondes plus tard après avoir ouvert la porte du minibus pour les faire sortir. Prenant la posture (Garde-à-vous et salut militaire) et le ton d’un adjudant-chef de l’armée de terre (Je vous rassure, ils sont habitués à ce que je face le pitre), je leur enjoins;

– Allez! Sortez! Enfants de la patrie!

Sur ce une gamine me questionne d’une petite voix;

– De la Patrick Bruel ?