Mourire

YMJ_The-Execution_A4
The Execution, Yue Minjun

Sèche donc tes larmes
Ou alors pleure de joie
L’avenir sourit

La mort est un éclat de
rire qui n’en finit pas

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4 réflexions sur “Mourire

    1. Ca n’est pas ce que j’ai voulu dire, j’ai voulu dire que la mort était le rire. C’est comme ça que je vois les choses parfois et du coup ça me la rend souhaitable comme elle l’est à certains « croyants » qui lutte pour ne pas la précipiter ou en tous les cas qui expriment une certaine impatience à la voir venir. Je pense à ma grand-mère sur son lit d’agonie qui se réveillait le matin en pestant contre Dieu

      « Ah! Il n’est pas encore venu me chercher! »

      Je pense aussi à deux poétesses extraordinaires, l’une est vivante et me fais l’honneur de passer sur mon blog comme toi, c’est Naïla, l’autre ne l’est plus mais a laissé des traces (Comme dirait René Char à propos des poèmes) magnifiques.

      Elle était catholique, allait tout les matins à l’église pour prier. Si cela constitue un frein pour que tu t’intéresses à elle, je t’en prie ;), fait l’effort de dépasser cet à priori qui lui est sans doute fort préjudiciable pour qu’elle soit reconnu comme un écrivain de la trempe d’Eugène Guillevic. Dommage pour eux. Voilà qui pourrait te convaincre

      Contradiction…
      Dieu infini.
      Toutes les religions: Dieu défini.

      Marie-Noël

      Pour la discussion sur cette représentation un peu particulière de la mort, je te renvoie à ce poème et à ses commentaires.

      https://ocanocean.wordpress.com/2016/01/22/mourir/

      Enfin, pour ce qui est de rire de la mort, Desproges

      « S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot. »

      Bonne journée

      J'aime

      1. Peut-être que tu as raison : « La mort est le rire ». J’avoue que j’ai du mal à comprendre tout à fait. Quand je ris, je n’ai pas l’impression que la mort se manifeste. Quant à rire de la mort, j’aimerai bien savoir le faire mais jusqu’à présent, elle m’a plutôt fait pleurer. Mais je ne désespère pas, si on peut dire…Merci pour tes arguments alors que mon commentaire était plus une remarque qu’une réflexion.

        Aimé par 1 personne

    2. Vision

      I

      Quand j’approcherai de la fin du Temps,
      Quand plus vite qu’août ne boit les étangs,
      J’userai le fond de mes courts instants ;

      Quand les écoutant se tarir, en vain
      J’en voudrai garder pour le lendemain,
      Sans que Dieu le sache, un seul dans ma main ;

      Quand la terre ira se rétrécissant
      Et que mon chemin déjà finissant
      Courra sous mes pieds au dernier versant ;

      Quand sans reculer pour gagner un pas,
      Quand sans m’arrêter, ni quand je suis las,
      Ni dans mon sommeil, ni pour mes repas ;

      Quand, le cœur saisi d’épouvantement,
      J’étendrai les mains vers un être aimant
      Pour me retenir à son vêtement…
      . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

      Quand de jour en jour je perdrai la faim,
      Je perdrai la force et que de ma main
      Lasse de tenir tombera le pain ;

      Quand tout sur ma langue aura mauvais goût,
      Quand tout dans mes yeux pâlira, quand tout
      Me fera branler si je suis debout ;

      Quand mes doigts de tout se détacheront
      Et que mes pensers hagards sous mon front
      Se perdront sans cesse et se chercheront ;

      Quand sur les chemins, quand sur le plancher,
      Mes pieds n’auront plus de joie à marcher ;
      Quand je n’irai plus en ville, au marché,

      Ni dans mon pays toujours plus lointain,
      Ni jusqu’à l’église au petit matin,
      Ni dans mon quartier, ni dans mon jardin ;

      Quand je n’irai plus même en ma maison,
      Quand je n’aurai plus pour seul horizon
      Qu’au fond de mon lit toujours la cloison…
      . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

      Quand les voisines sur le pas
      De la porte parleront bas,
      Parleront et n’entreront pas ;

      Quand parents, amis, tour à tour,
      Laissant leur logis chaque jour,
      Dans le mien seront de retour ;

      Quand dès l’aube ils viendront me voir
      Et sans rien faire que s’asseoir
      Dans ma chambre attendront le soir ;

      Quand dans l’armoire où j’ai rangé
      Mon linge blanc, un étranger
      Cherchera de quoi me changer ;

      Quand pour le lait qu’il faut payer,
      Quelqu’un prendra sans m’éveiller
      Ma bourse sous mon oreiller ;

      Quand pour boire de loin en loin,
      J’attendrai, n’en ayant plus soin,
      Que quelqu’un songe à mon besoin…
      . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

      Quand le soleil et l’horizon
      S’enfuiront… quand de la maison
      S’enfuiront l’heure et la saison ;

      Quand la fenêtre sur la cour
      S’éteindra… quand après le jour
      S’éteindra la lampe à son tour ;

      Quand, sans pouvoir la rallumer,
      Tous ceux que j’avais pour m’aimer
      Laisseront la nuit m’enfermer ;

      Quand leurs voix, murmure indistinct,
      M’abandonnant à mon destin,
      S’évanouiront dans le lointain ;

      Quand cherchant en vain mon salut
      Dans un son, je n’entendrai plus
      Qu’au loin un silence confus ;

      Quand le froid entre mes draps chauds
      Se glissera jusqu’à mes os
      Et saisira mes pieds déchaux ;

      Quand mon souffle contre un poids sourd
      Se débattra… restera court
      Sans pouvoir soulever l’air lourd ;

      Quand la mort comme un assassin
      Qui précipite son dessein
      S’agenouillera sur mon sein ;

      Quand ses doigts presseront mon cou,
      Quand de mon corps mon esprit fou
      Jaillira sans savoir jusqu’où…

      Alors, pour traverser la nuit, comme une femme
      Emporte son enfant endormie, ô mon Dieu,
      Tu me prendras, tu m’emporteras au milieu
      Du ciel splendide en ta demeure où peu à peu
      Le matin éternel réveillera mon âme.

      Marie Noël

      Aimé par 2 people

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