Isabelle Rimbaud

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Isabelle Rimbaud

Dans la famille Rimbaud, je demande la sœur,
Celle qui était au chevet du grand poète,
Juste avant que le cancer n’en fasse un squelette.
Pour l’accompagner elle était à la hauteur !

On l’apprend d’une lettre dont elle est l’auteur.
Elle ravira les historiens et les esthètes ;
Récit précis et beau verbe y sont à la fête,
Tout comme l’ambiance avant le trépas d’ailleurs !

Depuis qu’Arthur a accepté qu’on le confesse,
Isabelle a le coeur débordant d’allégresse ;
Elle appelait ce sacrement de tout ses voeux.

Lui qui regrettait que la vraie vie soit absente,
Elle sentait qu’elle lui devenait présente ;
« Il me regardait avec le ciel dans les yeux »

 

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Aveugles

Dans la maison en ruine il progresse à tâtons
La lumière risquant de trahir sa présence.
Jusqu’à une fenêtre ouverte il avance,
Un jeune garçon est dans son champ de vision.

Commettre un meurtre dans cette situation,
Il en a désormais une grande expérience.
Le pauvre enfant innocent n’a aucune chance,
La première balle lui traverse le front.

Avant qu’ils tuent les siens, il était pacifiste,
Depuis il n’a de cesse d’allonger la liste
Des être humains à qui il a ôté la vie.

Il pourrait porter n’importe quelle bannière
Pourvu qu’avec il puisse leur faire la guerre,
L’amour est aveugle, la haine l’est aussi.

L’expérience de la mort

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Gian Lorenzo Bernini (1598-1680), La Bienheureuse Ludovica Albertoni, 1674

Je prends mon clavier comme j’appelle un ami,
Avec le même espoir de ne plus être triste.
L’écriture fait office de secouriste,
C’est pour ne plus se sentir seul que l’on écrit.

Cependant il me faut être un peu plus précis ;
Avoir un lecteur n’est pas le but de l’artiste,
Ca n’est pas lui qui lui fait sentir qu’il existe ;
Il est la cerise sur sa pâtisserie.

Devinez quel est l’objet de sa quête active ?
Il s’agit de l’amour que la beauté ravive !
Insondable mystère plus précieux que l’or.

Ah ! Perdre pied en lui comme dans une femme
Dont le regard langoureux transporte votre âme,
Faire dans la vie l’expérience de la mort !

Mirabelle a l’instinct maternel

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Le soleil brille en cet après-midi d’été,
Mirabelle est allongée à l’ombre d’un aulne.
Dans leur gîte, au-dessus d’elle, paillent des béjaunes,
Impatients que leur mère rapporte à manger.

Leur détresse attriste la vache sacrée,
Elle aimerait de son lait leur faire l’aumône,
Mais ne sait comment atteindre les cônes jaunes.
En voyant son amoureux lui vient une idée ;

D’abord sur ses quatre pattes elle se redresse,
Puis invite le mâle à venir sur ses fesses
Pour planter sa plus grande corne dans le nid.

De la monter, le beau taureau a l’habitude,
Aussi il atteint vite la bonne altitude.
Encornée, il descend la niche jusqu’au pis.

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Retrouvez ici les aventures de Mirabelle.

Hallucinante Mirabelle !

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Un jour que Mirabelle paît au bord d’un bois,
Elle goûte aux champignons hallucinogènes.
Peu après elle voit un drôle de phénomène ;
Quand le fils du fermier vient faire son convoi,

Il se métamorphose en poireau qui aboie !
La stabilité du bovin est incertaine,
Pour tirer son lait le garçon a de la peine,
Un peu avant d’aller au collège il en boit.

En cours il confond sa prof avec une vache.
Quand il se lève pour la traire elle se fâche.
En bon vacher il veut avoir le dernier mot.

Aussi repart-il à l’assaut de la mutine
A la laiteuse et très généreuse poitrine
Avec une ceinture en guise de lasso.

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Retrouvez ici les aventures de Mirabelle.

Mirabelle se fait la belle

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Julien Dupré (1851-1910)
La vachère menant sa vache

Mirabelle préfère l’herbe du voisin
Car elle la trouve plus verte que la sienne.
Un jour que la porte de l’enclos fait des siennes,
Elle en sort pour aller en brouter quelques brins.

La rebelle sacrée est tout à son festin
Quand vient le moment de la traite quotidienne.
Arrive du troupeau, la nouvelle gardienne
Qui croit qu’à son nouveau patron elle appartient.

Aussi l’emmène-t-elle à la machine à traire.
Cela ne dérange pas Miss vache laitière ;
La belle en a plus qu’assez d’être jalousée*.

En donnant son lait elle mange du fourrage
Déboule son propriétaire vert de rage ;
« Oh la vache qui mange à tous les râteliers ! »

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Retrouver ici les aventures de Mirabelle.

Panser

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Rodin, Le penseur

« De ce qui me libère je suis prisonnier »
Voila une proposition paradoxale,
Donc propice à une activité cérébrale,
Puisqu’il m’est nécessaire de la dénouer.

Je suis aliéné à cette nécessité,
A tel point qu’elle m’apparait comme vitale.
Penser m’affranchit d’une position mentale
Dans laquelle je ne me sens pas exister.

Je suis contraint de réfléchir pour être libre,
Sans question, l’envie me prend de prendre un calibre,
L’angoisse faisant que je ne suis que douleur.

Si un Dieu existe, dans sa grande clémence,
Qu’il m’offre d’éprouver toujours l’ignorance,
Puisque c’est la vérité qui fait mon malheur.