Eli, Eli, lama sabachthani ?*

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« Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Cette phrase du Christ me le rends sympathique,
Car en adressant au Père cette critique,
Le fils ne fait rien d’autre que de blasphémer.

Quand d’autres viennent aussi à le discréditer,
Des catholiques disent qu’ils sont sataniques,
Et vont jusqu’à attendre de la république
Qu’elle les condamne se sentant offensés !

Dans ces conditions ça ne serait que justice
Que leur sauveur ai été soumis au supplice,
Ayant adressé un reproche au tout puissant !

Le critiquer, l’injurier ou bien même en rire,
Devrait au contraire les amener à sourire ;
Autant de manière de le rendre présent.

*Matthieu 27:46 Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Eli, Eli, lama sabachthani? ( Araméen ) c’est-à-dire: Mon Dieu-Elohim, mon Dieu-Elohim, pourquoi m’as-tu abandonné?

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3 réflexions sur “Eli, Eli, lama sabachthani ?*

  1. « Eli, Eli, lama sabachthani? »

    Tous les jours nous sommes à le dire en son sens véritable: « Mon Seigneur, mon Seigneur, pourquoi que ne m’as-tu devancé en Toi! »
    « Sabachthani » veut dire devancé, et non abandonné… Ce qui change l’injonction! Il est certainement ici question de L’Unification et non de La Séparation…

    Aimé par 1 personne

    1. « Mon dieu, mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Cette parole du Christ est la parole la plus amoureuse qui soit. Chacun en connaît la vibration intime. Aucune vie ne peut faire l’économie de ce cri. Cette parole est le cœur de l’amour, sa flamme qui tremble, se couche et ne s’éteint pas. Elle est aussi bien la seule preuve de l’existence de Dieu : on ne s’adresse pas ainsi au néant. On ne fait pas de reproches au vide.

      Après, plus rien- l’arrachement du souffle, l’énergie qui déserte ce qui n’est plus que chair pourrissante. Cette dernière flambée de la parole fait du Christ mieux qu’un ange : notre frère angoissé et fragile ; « Mon dieu, mon dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce cri qui s’en va exploser contre la gueule de marbre d’un Dieu muet, fait de celui qui le jette notre intime, le plus proche d’entre les proches : nous –mêmes quand la confiance s’en va de nous comme le sang par une veine coupée et que nous continuons à parler amoureusement à ce qui nous tue.

      Il faut que le noir s’accentue pour que la première étoile apparaisse.

      Christian Bobin , « l’Homme Joie »

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