Dieu est une mésange

Toute seule dans sa maison au fond des bois,
Adepte d’une communauté religieuse,
Françoise vit depuis près de trente ans heureuse,
Travaillant la terre, priant, peignant parfois.

Pour beaucoup la solitude n’est pas un choix,
Synonyme d’une existence malheureuse,
Certains même la qualifieraient de honteuse,
À l’appelation de « Sans potes » elle aurait droit.

Mais elle n’en aurait sans doute rien à faire,
Considérant sa vie comme étant son affaire,
Elle n’est pas si isolée que ça de surcroît ;

Des petits oiseaux viennent lui rendre visite*,
Leur passage comble de joie la vielle ermite,
Elle y voit la présence du divin, je crois.

*À 29 minutes sur la vidéo

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L’inspiration

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Gustave Moreau, La chimère (1867)

Si tu sens que tu t’éloignes de l’inconnu,
Que tu tournes sur toi-même, prend la tangente
Avant qu’arrive le moment où tu déjantes,
De la folie tu est alors le détenu.

Tant pis si tu parais aux autres saugrenu,
Fait abstraction des remarques désobligeantes,
Ton existence c’est toi seul qui la régente,
Pardonne-leur car ton mal leur est méconnu.

Pour t’en défaire il te faut de la solitude,
Méditer est indispensable à ta quiétude,
Tu éprouves un sentiment de libération.

Il se confond avec celui d’une présence
Elle te souffle des vers dans sa bienfaisance
C’est ce que l’on appelle avoir de l’inspiration.

 

Mon intime conviction

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Crédit photo

 

Je mourrai aujourd’hui ou bien demain qui sait ?
Dés l’enfance on sait qu’on est ici de passage,
A partir de ce moment on souhaite être sage,
Mais comment occuper le temps avec succès ?

Certains cherchent la réponse dans des versets,
De manuscrits sacrés ils font l’apprentissages.
Quelquefois l’interprétation de leurs messages
Les amène à des actes engendrants des décès.

Aussi surprenant que cela puisse paraître,
Un soucis de pureté les leur fait commettre,
Ils croient pouvoir rejoindre ainsi le paradis.

J’ai l’intime conviction qu’ils font fausse route ;
Ressemblant à une vache alors qu’elle broute,
L’homme juste est d’une douceur qui irradie.

 

Aux armes citoyens !

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DELACROIX, La liberté guidant le peuple, 1830

Difficile d’écrire un texte léger
Quand tout autour de soi prospère la souffrance,
Nous subissons de terribles attentats en France ;
Nice, ce prêtre qui a été égorgé…

Ces crimes odieux ne sont pas le fait d’étrangers,
Mais de citoyens Français en désespérance,
Adeptes d’un groupe prônant l’intolérance,
Tous ceux qui n’y adhèrent pas sont en danger.

Aussi, si nous sommes en guerre, elle est civile,
Pour la gagner, nos missiles sont inutiles
Tuants des innocents ils renforcent l’EI.

Il est grand temps de regarder les choses en face,
Pour beaucoup les arabes ici n’ont pas leur place,
L’ostracisme est un fort redoutable ennemi.

Comme elle vient

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Mes cheveux noir ébène sont devenus gris,
Des rides profondes sillonnent mon visage,
Sur mon apparence le temps fait des ravages,
Mais qu’en est-il pour ce qui est de mon esprit ?

J’ai le sentiment de ne rien avoir appris
Concernant ce que veut dire se comporter en sage.
La raison m’a été promise à sept ans d’âge,
C’est peut-être à ce moment-là qu’elle a péri.

C’était bon de jouer à longueur de journée,
Puis de s’abandonner dans les bras de Morphée
Sans avoir le moindre souci du lendemain.

Que revienne l’ère bénie de mon enfance,
Indeffectible était alors mon espérance,
Qu’à nouveau je prenne la vie comme elle vient.

Mirabelle est jalouse

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Mirabelle se mire dans l’eau de l’étang,
Elle lui demande si elle est la plus belle,
Imitant une marâtre qui ensorcelle.
Sa réponse est non, à son grand étonnement.

En effet, elle l’était il y a peu de temps.*
Intriguée, elle le questionne de plus belle ;
« Qui a donc une allure si exceptionnelle ?  »
Il répond ; « C’est Fleur, celle arrivée au printemps. »

« Certes, elle est jolie mais c’est une peau de vache
Nul danger que pour elle le taureau me lâche »,
Rétorque confiante l’ex-reine de beauté.

Levant la tête, grande est sa déconvenue
Son amoureux courtise la fausse ingénue,
Un déferlement de pleurs brouille sa psyché.

.

Le Caravage

Narcisse, par Le Caravage (v. 1595)
.

*Voir Mirabelle la rebelle

 

Vive le Mouna !

Les gens sont rudes ! Vive les doux*

*D’après « Les temps sont durs ! Vive le MOU » (Mouvement Ondulatoire Unifié) c’est de Pierre DAC (1893 – 1975) et c’était la devise d’Aguigui Mouna (1911 – 1999)  dont Cavana disait « Mouna, c’est une manif à lui tout seul. C’est l’indignation. Sa philosophie ? Un amour universel, boulimique. »