Nager de bonne heure

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J’aime aller faire des brasses dans l’océan,
Le matin est pour moi la meilleure période,
Aucun bateau motorisé ne m’incommode,
Leurs hélices me font peur le cas échéant.

À basse mer je croise quelques maréants
Autour d’écueils où s’accrochent des brachiopodes,
Le reste du temps seules quelques pèquenaudes
Viennent plonger dans l’eau salée leur gros séant.

Peu m’importe, une fois que j’ai pris le large,
De la civilisation je suis à la marge,
Commence alors le corps à corps tant attendu.

Souvent il ressemble à une dispute houleuse,
Parfois à un échange de caresses amoureuses,
Toujours de Dame nature je suis mordu.

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5 réflexions sur “Nager de bonne heure

    1. Tu es effectivement matinale pour commenter à cette heure un dimanche matin. Je ne crains pas les requins, ceux qui pourraient potentiellement venir jusqu’ici sont inoffensifs pour l’homme, le danger résiderait donc dans les bateaux à moteur ou à la rigueur dans les méduses mais ma crainte à ce sujet tient d’une fiction, leurs filaments ça ne ma jamais fais que de petites brulures désagréables sur la peau. J’avais vu un film alors que j’étais encore un ado qui m’avait fort émoustillé à cause de l’actrice principale que l’on voyait nue dans une scène où elle était sur un bateau et qu’elle poussait un homme dans la mer infectée de ces bestioles peu ragoûtantes. Si je me souviens bien il y était allergique ce qui provoqua sa mort.

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  1. Je me souviens aussi de ce film et de cette scène. Il m’est arrivé de « goûter » aux filaments de méduses ce qui m’a causé une méchante fièvre pendant deux jours.

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    1. Quand j’habitais en martinique j’allais nager presque tous les soirs, je traversais une petite baie et puis je revenais. Parfois, je le faisais la nuit, elle tombe trés tôt aux Antilles, et toute l’année. Je nageais le crawl aussi quand il y avait encore un peu de luminosité, je voyais le fond et sous mes yeux défilaient des poissons que l’on trouve sous les tropiques, très colorés. C’était un spectacle exceptionnel. Moi qui ai nagé des kilomètres et des kilomètres en piscine où le paysage est pour le moins monotone, je me régalais. Il m’arrivait très souvent de me faire piquer par des méduses. C’était devenu presque habituel et un peu comme pour les moustiques, au bout d’un moment on n’y fait presque plus attention. Les filaments laissaient de longues balafres rouges un peu boursouflées sur ma peau. C’était marrant, je les montrais fièrement à mes amis, comme des blessures de guerre. Les méduses ne me faisaient pas peur, par contre je craignais beaucoup les bateaux à moteur et il y en avait. Les pécheurs ou les plaisanciers revenaient parfois à la tombée de la nuit de leur journée en mer. Une fois j’ai vraiment eu très peur, j’ai entendu le moteur d’un bateau, en sortant la tête j’ai vu qu’il passait à quelques mètres devant moi. il ne m’avait sans doute pas vu à cause de la nuit. En tout cas il n’avait pas ralenti alors que j’étais très proche de lui. Quand j’y repense, je me dis que j’étais inconscient. C’était tellement extraordinaire de nager comme ça, dans la nuit avec les lumières des maisons et des étoiles autour de moi. On entendait le chant des grenouilles, l’air était très doux. Je sortais de l’eau par un vieux ponton en bois tout bringuebalant et remontais dans l’obsurité jusqu’à ma maison. J’avais pris l’habitude d’être pieds nus. A force, une couche épaisse de peau s’était formée sous la plante de mes pieds, et me permettait de passer partout sans la moindre douleur. J’aimais cette vie proche de la nature. Je ne travaillais pas, j’étais en congé parental. Je m’étais quand même inscrit à des cours de psychologie par correspondance parce que j’aimais ça. J’ai été jusqu’à la première année de maitrise et puis j’ai du arrêter parce qu’il me fallait reprendre mon travail. Entre mes cours et les enfants j’étais finalement très occupé, pas question pour moi de buller. C’était une très belle période de ma vie. Les méduses c’est très beau aussi sous l’eau. Elles semblent voler quand elles se déplacent. Elles sont très gracieuses. C’est quand elles sont échouées qu’elles sont un peu écoeurantes parce que toutes flasques. C’est en préparant mon départ vers cette île que j’ai découvert Aimé Césaire. Un choc. J’ai lu et relu « Le cahier du retour au pays natal ». C’est un texte d’une puissance inouïe. Je ne lisais plus de poésie depuis le lycée, je l’ai redécouverte avec lui. Quelques jours après notre arrivée, on commémorait à Fort de France l’abolition de l’esclavage. J’y suis allé avec mon fils (six ans) dans l’espoir de le voir. Il faisait très chaud, la chaleur était écrasante en ville. J’ai vu le cortège des manifestants arrivé au loin. Je cherchais des yeux le poète. A un moment, je l’ai enfin reconnu, il était au premier rang, au milieu. C’était de loin le plus petit. Je l’ai montré du doigt à mon garçon qui me regardait bizarrement, il devait se demander comment on pouvait s’extasier devant ce vieux bonhomme aux lunettes avec des verres gros comme des culs de bouteilles. Son admiration il la destinait aux joueurs de foot, un peu à cause de moi… Je l’ai regardé passé, il était souriant, un beau sourire. Il était heureux d’être là. Je regrette un peu de ne pas en avoir profité pour aller lui parler mais qu’est-ce que j’aurais pu lui dire d’autre que des banalités du genre « J’aime beaucoup votre livre » ? Il avait un regard très profond, il dégageait une grande sérénité, une confiance, il semblait voir au-delà des choses. J’aurais surtout aimé échanger un regard avec lui en fait, il y a des regards qui vous rendent beau. Je suis sûr que je me serais senti beau dans le sien. Malgré les horreurs que l’Homme a fait à l’Homme et il en connaissait un rayon dans ce domaine,

      « S’il y a une chose qui m’irrite, c’est d’entendre nos philanthropes clamer, dans le meilleur esprit sans doute, que tous les hommes sont des hommes et qu’il n’y a ni Blancs ni Noirs. C’est penser à son aise, et hors du monde. Tous les hommes ont les mêmes droits. J’y souscris. Mais du commun lot, il y en a qui ont plus de devoirs que d’autres. Là est l’inégalité. A qui fera-t-on croire que tous les hommes, je dis tous, ont connu la déportation, la traite, l’esclavage, le collectif ravalement à la bête, le total outrage, la vaste insulte, que tous, ils ont reçu plaqué sur le corps, au visage, l’omni-niant crachat ! Nous seuls, Madame, vous m’entendez, nous seuls, les nègres ! »

      La tragédie du roi Christophe, Aimé Césaire

      …, il aimait l’humanité ;

      « Non, jamais dans la balance de la connaissance, le poids de tous les musées du monde ne pèsera autant qu’ une étincelle de sympathie humaine. »

      Discours sur le Colonialisme (1950), Aimé Césaire.

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