La folie de l’écriture

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Composer des sonnets demande du travail,
Des heures et des heures en ce qui me concerne
Que je passe tout seul au fond de ma caverne ;
Une pièce isolée sans le moindre vitrail.

Comme mes échanges tiennent en de rares mails,
Certains doivent penser que mes journées sont ternes,
Que je dois m’ennuyer dans mon cosmos interne,
Ou que la psychiatrie est mon prochain bercail.

J’avoue que moi-même, souvent je m’interroge
Tant ce comportement avec l’ancien déroge,
Mais aussi et surtout car il est obsédant.

Plus de questionnement s’il devenait stérile,
Je ferais ma valise et j’irais à l’asile
Afin qu’on m’administre un traitement aidant.

 

 

« Seuls les fous écrivent complètement … »

« Ce qu’il y a de douloureux tient justement à devoir trouer notre ombre intérieure jusqu’à ce que se répande sur la page entière sa puissance originelle, convertissant ce qui par nature est “intérieur” en “extérieur”. C’est pour ça que je dis que seuls les fous écrivent complètement. Leur mémoire est une mémoire “trouée” et toute entièrement adressée à l’extérieur. »

Marguerite Duras : Ecrire

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3 réflexions sur “La folie de l’écriture

    1. Je ne sais pas à quel moment de son oeuvre elle a été prise. Elle semble très jeune. Je ne pense pas que ce soit à l’époque de son premier roman « La vie tranquille », elle n’était pas connue. Quel beau titre pour une entrée dans la littérature, « La vie tranquille » ! Je ne me souviens plus du pourquoi et du comment j’ai lu MD pour la première fois. Peut-être parce que je m’intéressais à la psychanalyse et que Jacques Lacan en parlait. En fait, non, ce devait être bien avant, parce que ce dont il parlait c’était du « Ravissement de Lol V. Stein ». J’ai commencé par le « Barrage contre le pacifique » en tous les cas, et puis après, très rapidement, j’ai lu sa biographie par Laure Adler. J’étais en vacances dans le sud de la France, à Cogolin. C’était hors saison, à Pâques. Je garde le souvenir des heures de lectures. J’emmenais mon livre partout. Quand je revenais de la plage il fallait que j’enlève page par page les grains de sable qui s’étaient incrustés dans l’ouvrage. Je pense qu’il en reste, c’était difficile de les extraire de l’endroit ou les deux pages se rejoignent, je n’ai pas trouvé le nom de cette partie du livre, le pli, la pliure ? Il y avait beaucoup de vent, du mistral. Je l’ai dévoré. Je voulais tout savoir sur elle comme si ainsi j’allais trouver la clef qui m’ouvrait à moi-même. j’ai lu très vite également « Ecrire », une perle pour qui cherche à comprendre ce que ça veut dire écrire. J’en ai extrait la phrase qui est en exergue de ce blog, « On n’a le droit de le faire ». Je l’ai déjà raconté, mais au risque de me répéter, quand je suis retombé sur cette phrase il y a trois-quatre ans, j’ai ressenti une forte émotion. C’était comme si elle m’était adressée, comme si elle avait été écrite pour moi, j’entendais presque sa voix pleine d’une douceur consolante me souffler à l’oreille « On n’a le droit de le faire ». Elle parlait de l’écriture. J’ai hésité à mettre sa photo et ces citations pour accompagner ce sonnet de peur que l’on pense que je me compare à elle or je ne prétend pas, et très loin sans faut, avoir son talent. Si je l’ai quand même fait, c’est qu’elle incarne pour moi l’écriture. Il n’y pas une phrase d’elle qui ne me fasse pas sentir la vie. Eprouver la vie, c’est pour ça qu’on lit et qu’on écrit, non ?

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