Les chevreuils et la chanteuse

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À l’occasion d’une récente promenade dans la nature j’ai croisé deux chevreuils. Il faisait jour, j’empruntais une petite route de campagne du côté de Châteauroux, au milieu des bocages. J’ai vu à une cinquantaine de mètres de moi les bêtes bondir par dessus la clôture d’un parc et deux bonds plus tard seulement franchir à nouveau une clôture qui se trouvait de l’autre côté de la route. Arrivé à hauteur de l’endroit où elles sont passées, j’ai cherché vainement les traces de leurs sabots. J’en avais vu la veille à l’occasion d’une autre ballade en bordure d’un étang. J’avais imaginé que des cervidés étaient venus y boire paisiblement, la nuit, quand ils ne craignent plus le passage des hommes. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu d’animaux sauvages. C’est été j’ai cru en rencontrer en Norvège, dans la montagne, des rennes, une dizaine. Je randonnais avec des amis et ma famille, j’ai été le premier à les voir, je me suis retourné vers mes proches pour les leur signaler et leur ai demandé de ne pas faire de bruit. On s’est approché à pas de loups. Ils semblaient ne pas nous avoir vu, on était émerveillé jusqu’à ce qu’on entende des clochettes tinter. C’étaient les leurs. En fait le troupeau n’avait rien de sauvage. En Scandinavie ils élèvent les rennes comme nous les vaches. Qu’elle déception ! C’est à peine si on n’a sorti l’appareil photo pour garder un souvenir, on aurait tellement voulu qu’ils soient sauvages, qu’ils aient peur de nous, qu’en nous voyant ils marquent un temps d’arrêt, juste pour croiser nos regards, et puis qu’ils s’évanouissent dans la forêt. Non, quand il nous ont vu, il n’ont rien changé à leur allure, ni à leur direction, ils avaient en tête d’aller paître dans un pré sur le flan d’une montagne et y sont allé. On aurait pas été là ça aurait été quasiment la même chose. L’indifférence. Hier soir à la télévision dans une émission de divertissement il y avait un dresseur d’ours. Il arrivait à faire faire au grizzli des choses que font un humain : souffler dans une trompette, applaudir, s’asseoir sur une chaise de jardin, danser, etc… Le public applaudissait à tout rompre. L’animal avait des yeux vides, un robot triste. J’ai zappé sur l’autre chaîne et suis tombé sur une jeune femme qui participait à un concours de chant. Une fille un peu marginale, qui racontait qu’elle n’avait pas trouvé sa place à l’école, qu’elle s’y sentait rejetée et qui du coup s’était enfermée chez elle et s’était mise à chanter. Un jour elle a osé se produire devant les autres et depuis elle chante dans des bars et c’est ainsi qu’un de ses auditeurs l’a inscrite à l’émission. Elle y a fait un tabac. C’est une fille assez réservée, qui semble s’excuser d’exister mais qui sur scène se métamorphose, une voix puissante qui emporte tout sur son passage. Elle avait de la fragilité et de la force des chevreuils de l’autre jour. C’était beau.

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Une réflexion sur “Les chevreuils et la chanteuse

  1. Je vis au milieu des bois, et quel bonheur d’assister à cela! Pour rien au monde aujourd’hui je ne déciderai de quitter la forêt. J’ai placé « mes » terres en refuge ASPAS et peux me délecter chaque jour de ma multitude de voisins sauvages. En ce moment, une chouette me tient compagnie, j’en ai arrêté la musique…

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