Nuit tragique

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Elena Helfrecht

Quatre heures du matin, un couteau dans la main
que tu tiens fermement tout au fond d’une poche,
Tu marches dans la ville où chapardait gavroche,
Mieux vaut que personne ne croise ton chemin.

Dans ton coeur a grandi la haine des humains
Depuis qu’un enseignant alors que t’étais mioche
T’a à moitié sonné d’une grande taloche
Parce que tu rêvais pendant un examen.

Tu sors ton cran-d’arrèt, en libère la lame,
lacère les visages enjoués des réclames,
Avant de les brûler avec ton vieux zippo.

Tu ramasses un mégot qu’aussitôt tu rallumes,
Cure* dans le casque, tu pousses le volume,
Puis de ton avant-bras, tu t’entailles la peau.

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2 réflexions sur “Nuit tragique

  1. Je suis ce sang
    qui cogne à la vitre
    et demande asile
    qui supplie une chair
    au coin de la nuit
    je suis ce sang
    qui fracasse les chaînes
    qui enfouit le miel
    dans les blessures
    je suis ce sang
    en forme de revendications
    en forme de couteau
    en forme d’azur et de neige pure
    je suis ce sang
    qui inlassablement
    tinte dans les ruelles
    du sommeil
    je suis ce sang
    la branche fleurie
    qui relie
    l’oiseau à l’espace.

    ***

    André Laude (1936-1995) – Riverains de la douleur (1981)

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