« Une rivière de sperme »*

Quand Marine Le Pen nous invite à lire ou à relire un roman dans lequel l’auteur parle des migrants comme d’une vague « puante », « une rivière de sperme », « des rats », « un boa humain affamé » s’échouant sur les côtes provençales avec la complicité des Français « bougnoulisés »**, je vous invite à lire ou à relire ce poème d’André Laude sur le même sujet et à ne jamais céder à la haine ;

j’ai pris le train des émigrants
chacun gardait au creux de la paume
un peu de terre natale
qu’il pétrissait en la mouillant de larmes secrètes

chacun diminuait à mesure
que le pays s’éloignait
dans les yeux des interrogations
dans le coeur une sourde lanterne

j’ai pris le train des émigrants
De beaux enfants bruns et insouciants
riaient comme des jeunes pousses
en demandant des explications

j’ai pris le train des émigrants
Turcs Portugais Arabes
l’odeur de tabac et des corps
Et dans le noir du sommeil une guitare de nostalgie.

André Laude, Vers le matin des cerises.

*Jean Raspail, Le Camp des Saints

**http://www.20minutes.fr/monde/2025935-20170307-comment-roman-francais-prise-fn-influence-conseiller-donald-trump-steve-bannon

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