De l’amour

 

Pas de poèmes aujourd’hui. J’ai juste envie de publier une citation de Marie Noël, la merveilleuse poétesse d’Auxerre que j’ai bien envie d’emmener avec moi en vacances, dans le vide poche de ma voiture, enfin, son livre. C’est même pas pour plaisanter que j’ai dis ça au départ, c’est après-coup que ça m’a paru drôle que des lecteurs qui ne savent pas que Marie Noël n’est plus depuis la veille du jour de Noël 1967 aient pu imaginer que j’allais l’emmener voyager avec moi. J’ai identifier ses livres à elle. Voilà la citation en question ;

 » L’Amour : une source qui a soif  »

Je l’aime bien Marie Noël, beaucoup. Son père était professeur agrégé de philosophie, il s’appelait Luis Rouget, et bien Mr Rouget n’avait pas à rougir de sa fille car elle poussait la réflexion très loin, dans des contrées sur lesquels beaucoup n’osent pas s’aventurer, je pense à la question du mal, « Ô Vous par qui la vie est peine/Et mal, et mort, je crois très bas/A la Bonté haute, inhumaine/Terrible, qu’on ne comprend pas. « .

Sa citation sur l’amour, ci-dessus, je l’associe à celle-là de Jacques Lacan ;

 » Seul l’amour permet à la jouissance de condescendre au désir  »

Deux grands penseurs qui disent sensiblement la même chose : le désir et l’amour c’est kif-kif bourricot. Pierrette a ajouté ici  aux propos sur l’amour de Marie Noël « d’amour », ce qui donne « L’amour : une source qui a soif d’amour ». C’est très juste et étrange à la fois, pour ne pas dire insensé. Comment quelque chose peut-être à la fois l’origine et le but ? Ça me semble impossible et ça me ramène à cette citation d’un écrivain mystique du deuxième siècle après J-C :

« Le Fils de Dieu a été crucifié : je n’en rougis pas, parce que c’est à rougir. Le Fils de Dieu est mort : il faut le croire, parce que cela révolte ma raison ; enseveli, il a ressuscité : c’est certain, parce que c’est impossible. »

Mais ça me ramène aussi à une phrase que j’ai entendu naguère à l’église et que l’on répétait à qui mieux mieux, « Il est grand le mystère de la foi ». Je la trouvais bizarre aussi cette phrase car un mystère est un mystère, il n’y a pas un mystère plus mystérieux qu’un autre, jusqu’à ce que je comprenne que « grand » était à entendre comme « louable ».

Si, comme le prétend Jacques Lacan et Marie Noël (elle dit aussi à un autre endroit de ses écris « Vous rechercherez l’ignorance comme une eau pour la soif »), quand il s’agit de l’amour, la jouissance est dans sa quête, alors on comprend mieux pourquoi il faut louer le mystère car sans lui pas de quête et sans quête pas de jouissance.

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