Vinau c’est beau

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Pense Bête

Penses bien de temps en temps
à partager pour rien
un ou deux petits verres de brume
avec ton désespoir d’enfant

Thomas Vinau*

*http://etc-iste.blogspot.fr/

——

J’envie les écrivains comme Thomas Vinau
Qui savent en quelques mots posés sur une page,
Donner à leurs lecteurs ce qu’il faut de courage
Pour chanter dans le froid à l’instar des moineaux.

Les receuils de poèmes étaient son seul créneau,
Pendant près de dix ans, jusqu’à ce qu’ils partagent
Les rayons des libraires où trônent ses ouvrages
Avec quelques romans du meilleur des tonneaux.

C’est pour « Ici ça va » que va ma préférence,
Un homme y retrouve sa demeure d’enfance,
On apprends entre autre qu’un drame y a eu lieu.

Je suppose ce fait autobiographique
Et fait l’hypothèse qu’en étant terrifique
Il est responsable de son style soyeux.

La sainte, les dingues et les paumés

 

Je me rends bien compte
que je suis à côté de la
la plaque en ce monde,

je suis de ces Hommes qui
crèvent de ne pas mourir.*

*
Je vis mais sans vivre en moi ;
Et mon espérance est telle
Que je meurs de ne pas mourir.

Je vis déjà hors de moi
Depuis que je meurs d’amour ;
Car je vis dans le Seigneur
Qui m’a voulue pour lui.
Quand je lui donnai mon coeur,
Il y inscrivit ces mots :
Je meurs de ne pas mourir…

Ah ! qu’elle est triste la vie,
Où l’on ne jouit pas du Seigneur !
Et si l’amour lui-même est doux
La longue attente ne l’est pas ;
Ôte-moi, mon Dieu, cette charge
Plus lourde que l’acier,
Car je meurs de ne pas mourir.

Je vis dans la seule confiance
Que je dois un jour mourir,
Parce que, par la mort, c’est la vie
Que me promet mon espérance.
Mort où l’on gagne la vie,
Ne tarde pas, puisque je t’attends,
Car je meurs de ne pas mourir.

Ô vie, que puis-je donner
À mon Dieu qui vit en moi
Si ce n’est de te perdre, toi,
Pour mériter de le goûter !
Je désire en mourant l’obtenir,
Puisque j’ai si grand désir de mon Aimé
Que je meurs de ne pas mourir.

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
Poésie « Vivo sin vivir en mí » (trad. OC, Cerf, 1995, p. 1221)

La vidéo qui accompagne la chanson de Thiéfaine est une compilation d’un documentaire de Raymond Depardon, Faits divers.

Mirabelle a l’oreille fine

 

Un jeune homme amoureux, en mal d’un petit coin
propice à déclarer sa flamme à une fille
qui porte à merveille le prénom de Myrtille
choisi de l’emmener, de la ville, assez loin.
.
Au fond d’une grange débordante de foin,
il sort de sa poche des bijoux de famille,
deux bracelets en or qu’il met à la cheville
de celle qu’il aime, avec le plus grand soin.
.
Elle qui espérait de sa part un tel geste
dégrafe ses boutons de blue-jean et de veste
avant qu’à ses cotés il vienne s’allonger.
.
Mirabelle alertée par les anneaux qui tintent
à chaque mouvement de leur torride étreinte,
les chasse à coup de pied de son garde-manger.