Fait divers d’hiver

Jonnathan Daval,
Le gendre « idéal »
A tué sa femme
Lors d’un psychodrame.

Son plan théatral
Est fort mis à mal ;
Il nie pour les flammes,
Mais quelle autre trame !?

Plaider l’accident
Pour l’étranglement,
C’est de l’indécence.

Son piètre avocat
Aggrave son cas,
Qui est dèja dense.

En réponse à « Un coq instruit une vache »

Mirabelle fait des meuhs et des émules. Très honoré de la voir cette fois sous la plume de JR Troll.

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

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image de Cochonfucius

Le Maître Coq à Mirabelle
Les Gentes Poules se rebellent
Elles refusent mes avances
Et certaines sont en partance

Le fermier est sans tolérance
Et je dois leur faire allégeance
Pour éviter le Zinfandel
Je pense à toi ma toute belle

Jrtroll

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Un coq instruit une vache

Mirabelle fait des meuhs et des émules. Très honoré de la voir sous la plume de Cochonfusius.

Pays de poésie

upgd

Maître Coq est parfois l’animal le plus doux ;
On l’entend, certains jours, qui gentiment soupire
Comme un barde auprès de la muse qui l’inspire :
Sa muse est une vache, assez connue de nous.

Mirabelle est son nom. Plus d’un taureau jaloux
Trouve qu’aimer un coq, ce n’est rien qu’un délire ;
Mais ce gallinacé détient si noble lyre
Qu’on lui accorderait ses désirs les pus fous.

Il ne veut pas siéger dans une académie,
L’immortel est pour lui trop voisin de la mort ;
Il aime fredonner pour la vache endormie.

Car le coq est vaillant, si le taureau est fort,
Et je ne trouve pas cela si ridicule :
L’amour n’a nul besoin de la force d’Hercule.

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« J’ai une vache »

Je me rend compte que ça fait plusieurs fois que j’écris des textes avec pour titre des phrases que j’ai entendues, d’où les guillemets, à la manière d’Esther Luette dont je vous recommande l’excellent blog dans lequel à partir de quelques mots qui ont fait sens dans son esprit, comme diraient les psychanalystes, et qui donc lui servent de titre, laisse dérouler sa pensée. Je n’ai pas la prétention de faire aussi bien qu’elle. C’est une prétention que j’avais avant que d’imiter mes auteurs préférés, c’est la raison pour laquelle l’écriture m’a fuit alors que je réclamais sa présence comme un assoiffé, sans doute. Combien de fois ai-je jeté en rage mes textes à la poubelle ? C’est fini. Grâce à je ne sais pas qui ou quoi, c’est fini. Du moins je l’espère. On est sûr de rien.

En tout les cas aujourd’hui, dans l’après-midi, j’ai su que ce soir, après le boulot, j’allais écrire. J’ai été dans la même impatience d’être ici, devant mon ordinateur que lorsqu’enfant j’attendais fébrilement que vienne le soir les jours où un match de foot était programmé à la télévision ou à la radio. Dans ce dernier cas ça n’était pas un écran d’ordinateur ou une télévision que j’avais avec moi mais un petit transistor que j’écoutais sous ma couette pour ne pas que mes parents sachent que je veillais jusqu’à point d’heure. Non, je ne cherche pas à imiter Esther Luette, elle m’a contaminé de la même manière que je l’ai été par les sonnets de Cochonfusius ou les Tankas d’une autre Esther L…, Esther Ling qui en écrivait, jusqu’il y a peu, de splendides. Elle a un peu disparu de la toile, de temps en temps cependant on voit réapparaître son avatar au bas d’un poème, de plus en plus rarement malheureusement. Dans les premiers temps de mon blog alors que je n’avais que très peu de lecteurs, j’en ai du reste à peine plus au regard de certains bloggeurs, mais j’ai la chance d’avoir des lecteurs de très grande qualité, n’est-ce pas ?, Esther venait lire mes textes tous les jours et apposait presque systématiquement sa figurine, à l’époque le dessin d’un visage d’une jeune femme aux cheveux noirs et aux traits asiatiques, vêtue d’un kimono rose avec en arrière plan un jardin. Ça me faisait du bien qu’elle passe chez moi comme ça, je m’en sentais tout honoré parce que j’appréciais beaucoup ses tankas. Quand on débute dans un domaine, ici l’écriture, c’est très encourageant ce genre de visite. Je ne crois pas que je j’écrive pour ça mais je ne suis pas insensible au fait que l’on témoigne de l’intérêt pour mes écrits. Chacune de mes publications est un peu comme une rencontre avec ceux qui me lisent, un endroit où je les rejoint, où ils me rejoignent. J’avais pensé cet après-midi à faire une introduction avant d’en venir à ce que je voulais vous raconter, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit si longue. Venons-en aux faits :

Cet après-midi donc, au boulot, des collègues bien intentionnées me demande si je continue à tenir mon blog, en l’occurence j’ai plutôt l’impression que c’est lui qui me tient, mais passons, je leur répond que oui, mais que depuis que je leur en avais parlé, il y a de cela au moins un an, voir beaucoup plus, il avait beaucoup évolué. Elles m’ont demandé alors en quoi. « Bonne question », ai-je pensé, et je leur ai répondu que peut-être ce que j’écrivais était plus paisible, moins torturé, ensuite j’ai dit « et puis… » mais les mots ne sont pas venus tout de suite, ils se faisaient attendre quand soudain ils ont jaillis de ma bouche, c’était ces trois-là : «J’ai une vache ». Mes collègues m’ont regardé avec des grands yeux et j’ai pensé qu’elles étaient étonnées que je raconte l’histoire d’une vache, alors j’ai continué, « Oui, j’ai une vache » avec un grand sourire de contentement en pensant à Mirabelle. Une d’entre elles s’est de nouveau étonnée mais cette fois-ci un peu plus ostensiblement, elle avait toujours ses yeux à moitié sorti des orbites mais accompagnés de ces mots : « Une vache !?, tu as une vache !? » et c’est seulement à ce moment-là que j’ai réalisé la confusion qu’avait pu faire naître ma phrase ; elles pensaient que j’avais une vache en ma possession, une vraie. Avec du recul j’ai compris leur sidération, quand on me connait un peu, quand on sait où j’habite et la manière dont je vis, on a du mal à imaginer que je puisse m’occuper d’une vache. Je dois leur donner raison quand à l’interprétation qu’elles ont faîtes de ma phrase, je n’ai pas de vache, j’ai inventé un personnage qui est une vache. Elle peuple, et tous les personnages que j’invente d’ailleurs, un lieu de désolation qui est en moi. Ils sont devenus une part de moi. La part manquante.

Jim Harrison – C’était lundi matin…

Comme un héron

Un écrivain aide
son lecteur à se poser
au bord des ruisseaux.

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

C’était lundi matin pour la plupart des gens
et mon cœur était prêt d’exploser selon
mon tensiomètre numérique,
ce qui me fait dire que je ne veux plus bosser
pour être le mineur le mieux payé au monde.
Je veux me maintenir à la surface et aider le héron
qui a du mal à se poser au bord du ruisseau.
Il vieillit et je me demande où il sera une fois mort.

*

It was Monday morning for most of the world
and my heart nearly exploded according
to my digital high blood pressure machine,
telling me I don’t want to work anymore
as the highest paid coal miner on earth.
I want to stay up on the surface and help the heron
who’s been having trouble with his creekbed landings.
He’s getting old and I wonder where he’ll be when he dies.

***

Jim Harrison (1937–2016)After Ikkyu…

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Mirabelle en piste

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Le temps est froid mais sec ce dimanche matin.
La marre est couverte d’une couche de glace
De vingt centimètres sur laquelle ont pris place
Les enfants du fermier chaussés de leur patins.

Leurs parents sont allés à la messe en latin
Qui se tiens en ville avec la populace
De ceux que l’office tenu en français lasse ;
De traditionalisme ils ont été atteint.

Mirabelle regarde avec envie la glisse
Des jeunes patineurs comme rêvait Alice
De suivre le lapin au fond de son terrier.

La vache se lance sur l’étendue gelée
Et fait contre son gré le looping de l’année
Face au chef ébahi, revenu de prier.