3 jours, 4 nuits — GRAND SINGE

3 jours, 4 nuits à Georges Town. Je loge à la Muntri house. Immense maison chinoise sur deux niveaux. Puits de lumière, plafond haut, fontaine qui coule. J’ai pris une petite chambre avec salle de bain et toilette commune. Ici, il fait plus chaud qu’au Myanmar. Et encore plus humide. Beaucoup de touristes. Georges Town est une […]

via 3 jours, 4 nuits — GRAND SINGE

J’ai découvert dimanche dernier ce superbe blog. Il s’agit du carnet de voyage d’un artiste français habitant Montréal qui aime voyager sac au dos à travers le monde avec une attirance manifeste pour l’Afrique et l’Asie. Ce sont en tous les cas les deux dernières destinations dont il parle sur son blog que je lis comme on sirote une pina colada à l’ombre d’un palmier.

La personne qui m’en a parlé a commencé par me faire une mise en garde, elle m’a dit qu’il ne fallait pas que je pense que c’était de la poésie avec des belles phrases (elle voulait sans doute parler de la poésie en rime qu’elle me sait apprécier), que l’auteur y écrivait « avec ses tripes ». Il ne m’en a pas fallu plus pour que j’aille immédiatement chercher mon ordinateur pour découvrir ses écrits et m’y abonner, les yeux fermés, ou presque, car j’ai quand même pris de le temps de contempler l’autoportrait de l’auteur sur la page d’accueil du blog et surtout de lire cette phrase qui l’accompagne ;

« La passion reste en suspend dans le monde, prête à traverser les gens qui veulent bien se laisser traverser par elle. »

Dans cette phrase le mot « passion » pourrait être remplacé sans trop trahir son sens par « beauté ». Elle me fait penser à cette citation de la philosophe Simone Weil ;

« Combien de fois la clarté des étoi­les, le bruit des vagues de la mer, le silence de l’heure qui précède l’aube vien­nent-ils vainement se proposer à l’attention des hommes ? Ne pas accorder d’attention à la beauté du monde est peut-être un crime d’ingratitude si grand qu’il mérite le châtiment du malheur. »

Pensée sans ordres concernant l’amour de Dieu, Gallimard, 1962, p. 130.

Si j’adhère à cette façon de voir les choses, reste à savoir comment réussir à « accorder son attention à la beauté », à se laisser traverser par la passion, que j’assimile à la beauté donc, mais que l’on peut aussi associer à l’amour. Là est LA question.

Peut-être y a t’il autant de réponse qu’il y a d’êtres humains. Peut-être que Nicolas Cantin, c’est le nom du blogueur-voyageur, parvient à l’abandon en allant à la rencontre des gens « simples », en les photographiant et en les racontant ?

Mais qu’elle serait ma manière de me laisser traverser par l’amour ?

À un autre endroit du blog, son auteur écrit ceci ;

« Nous comprenons les choses par le truchement de ce que nous faisons. C’est-à-dire que, si nous ne faisons pas quelque chose nous avons tendance à être aveugle à tout, mais dès l’instant où nous faisons quelque chose, cette activité nous donne une vision des choses du passé et des choses du futur. Par faire, je veux dire faire quelque chose ou créer quelque chose, ou se dédier à quelque chose. Cet acte nous permet de voir d’autres choses. »

En relisant cela je repense aux mots du père Jaouen qui disait en substance, « Dans la vie il faut donner, donner, il n’y a que ça de vrai ».

Peut-être n’y a t’il pas tant de réponses que cela à LA question, peut-être n’y en a t’il qu’une, donner. Mais peut-être existe-t’il une multitude de façons de le faire et écrire en est une si j’en crois l’émotion que cela me procure.