Baïonnette au canon

Un amas de flocons couvre la Voie sacrée,
Sur lequel des camions mènent des passagers
À Verdun, des soldats, dans la guerre engagés,
De gré ou bien forcés, ça n’est pas la récrée !

L’un d’eux, un appelé, la nostalgie ancrée
Dans son cœur de vingt ans (au printemps, un verger),
Repense à son amour, sur le quai, à Angers,
Son regard plein de larmes et ses lèvres sucrées.

Il a pour son fusil une courte framée,
Qui pour les corps à corps est l’arme programmée,
Preuve que le combat pourrait être total.

Le lendemain matin, la barbarie commence,
Avec sa baïonnette il porte un coup fatal,
Puis est enseveli dans un fracas immense.

2 réflexions sur “Baïonnette au canon

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