Promenade Cioranesque

Interné de force, pour un mortel ennui,
Il fait dans un parc clos, un parcours circulaire,
Vingt tours en moyenne, par journée, calculèrent
Deux autres aspirants au corps qui est détruit.

De mes yeux fatigués, moi aussi, je le suis,
Ce marcheur entêté autant que solitaire,
Je me sens avec lui un peu égalitaire,
Cela n’est pas pour rien, qu’ici l’on m’a conduit.

Mais ne sommes nous pas, en cela, tous les mêmes ?
Être ou ne pas être, notre commun problème,
Et parfois l’on ne voit, en la mort, pas un mal.

Pour souscrire à cela, Cioran n’a pas d’égal,
La vie est selon lui mère de tous les maux,
Son œuvre est sur ce thème et vaut bien des poèmes.