9 réflexions sur “Un apprentissage de l’échec

  1. © Maurizio Cattelan 2014. Photo : © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage, © Maurizio Cattelan 2014. Photo : © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

    Posées à plat, ses mains sont fixées à la table par des crayons qui les transpercent. Il offre au visiteur une image faisant écho au témoignage de l’artiste sur son expérience de l’école, « un apprentissage de l’échec », à l’opposé de la confiance et de l’engagement que l’art permet de développer. Le titre Charlie Don’t Surf rappelle le cri de guerre de l’un des personnages du film Apocalypse Now. Surnom courant désignant l’adversaire vietnamien pendant la Guerre du Vietnam, le nom de Charlie a souvent été utilisé par l’artiste pour lui-même.  

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  2. En voyant l image je me suis dit : une seule Aesh pour deux enfants en situation de handicap notifiés tous deux à cent pour cent , et tout paraît normal pour l inspectrice…

    Quand je lis ton explication , j y comprends pas grand chose, sûrement parceque je reste bloquée sur un quotidien que je connais par coeur, qui a l art et la manière de demander toujours plus au détriment des besoins individuels et spécifiques de chaque enfant …

    Pardon Vincent, c’était plus fort que moi …

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  3. Oui j’ai vu, mais j ai vu aussi un gosse qu on cloue sur sa chaise … à qui on dit » pas bouger y a une inspection « , tiens toi bien droit fais toi le plus discret possible, l aesh doit s’occuper de ton camarade, et elle n a que deux mains !
    Ça me fait mal tes montages
    Ça me démonte le moral..

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    1. Un DAME c’est un dispositif d’accompagnement médico-éducatif, c’est ce qui est amené à remplacer les Instituts Médico-Educatifs avec pour volonté affichée (précision) de favoriser l’inclusion scolaire. C’est le choix du gouvernement, voir

      https://www.marianne.net/agora/humeurs/les-ravages-de-l-ecole-inclusive-sur-les-eleves-en-situation-de-handicap

      et c’est ce qu’ils veulent mettre en place dans l’IME où je travaille. Ou plutôt, ils ferment l’IME, ou presque, ne resterait que les enfants les plus déficients et à temps partiel, les autres iraient en milieu ordinaire.

      Mon montage est censé dénoncer cela.

      Si l’école avait les moyens des IME, qui répondent aux besoins de l’enfant, j’y serais favorable, mais en l’état actuel des choses, c’est très loin d’être le cas.

      Moyens en terme de personnel mais aussi d’équipement, par exemple dans l’IME où je travaille nous avons tout pour préparer les enfants à intégrer la vie professionnelle, Cuisine professionnelle, menuiserie, atelier d’Espace vert, atelier mécanique (vélo), atelier de production industrielle (sous-traitance) avec moniteurs spécialisé dans chaque domaine et pour l’épanouissement de chacun nous avons une salle dite sensorielle et d’art plastique ainsi qu’une salle de motricité de 80 m2. De plus chaque groupe est doté d’une salle où les enfants peuvent s’isoler, si besoin. Nous avons également un espace pour l’équipe thérapeutique. Nous disposons de plus de quatre salles de classes pour l’équipe pédagogique (éducation nationale) et jouissons d’un environnement très agréable, un très grand parc, magnifiquement arboré. Nous accueillons beaucoup d’enfants qui arrivent du milieu dit ordinaire, où ils ont fait l’apprentissage de l’échec, et la liste d’attente est immense… C’est dire que nous n’avons pas une mauvaise réputation, notre savoir faire est reconnu, et je pense que nous réalisons des « miracles », c’est à dire que nous arrivons à redonner confiance aux jeunes et qu’ils donnent le meilleur d’eux-même, et parfois certains que l’on croyait inapte à une activité professionnelle et une vie autonome, deviennent de très bons ouvriers et aptent à vivre en appartement avec un minimum d’accompagnement. Certains rejoignent même le milieu professionnel ordinaire. Je peux en attester car je travaille aussi dans un ESAT, ce qui me permet de voir leur évolution sur le long terme.

      Bien sûr, pour cela, il faut de l’argent, le prix d’une scolarité pour un jeune accueilli est 6 à 11 fois supérieur à celui d’un élève en milieu ordinaire. « Un fric de dingue ! » comme dirait l’autre, que l’état ne veut plus consacrer à ces jeunes. Ils n’osent pas l’avouer alors ils invoquent l’inclusion pour fermer les IME. Mais si l’inclusion scolaire était leur objectif, ils transféreraient les moyens que nous avons à l’éducation nationale pour qu’elle puisse créer l’équivalent d’IME dans les établissements.

      J’ai vu qu’une intersyndicale d’AESH faisaient grève pour un meilleur salaire, la fin des PIAL, Les pôles inclusifs d’accompagnement localisés,qui augmentent encore le nombre d’enfants à prendre en charge sans réels moyens supplémentaires (c’est pas les DAME, avec le peu de temps qu’ils vont pouvoir consacrer en présentiel ((c’est ça en plus des équipements qui est nécessaire)) qui vont changer les choses) et surtout réclament le maintien voir le développement des instituts spécialisés ! Autre problème majeur que pose ce mode de fonctionnement, et qui est totalement négligé dans les actions actuelles, c’est que les enfants ont besoins de pairs pour se socialiser, d’enfants qui aient des niveaux de compétence et des aspirations proches, je te donne un exemple, un enfant qui a 10 ans et 3 ans sur le plan psychoaffectif, du fait de son handicap, ne va pas interagir de la même manière avec les autres qu’avec un enfant de son niveau, il sera toujours le petit, il va être au mieux le petit protégé, au pire celui dont on se moque, mais pas celui avec lequel on construit une relation d’égal à égal, et c’est, je le répète très important pour la socialisation. C’est ce qui fait qu’adultes ils ont une maturité supérieure à ceux qui ne connaissent que ce rapport de « petit ».

      À chaque fois que l’on défend ce point de vue, on nous rabat les oreilles avec ce qui se fait à l’étranger et particulièrement en Italie et bien comme dit l’adage, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. J’ai trouvé cet article ce matin qui en est la démonstration et que l’on ne vienne pas me dire que la personne interviewée, n’est pas compétente, son CV dans le domaine est impressionnant,

      Donata Vivanti Pagetti est née à Milan en 1948. Mère de quatre enfants, dont deux souffrant d’autisme sévère et docteur en médecine, elle a mis fin à sa carrière en 1993 pour consacrer sa vie à la défense des droits des autistes au niveau national et international, travaillant à plein temps comme volontaire dans le milieu associatif. Entre autres fonctions, elle occupe le siège de Vice-Présidente de l’EDF depuis 2005 et a présidé Autisme Europe de 2000 à 2007 ainsi que la Fédération italienne pour vaincre le handicap (CFISH).

      https://www.handirect.fr/linclusion-a-litalienne-2/

      En voici un extrait :

      L’Italie est le théâtre de nombreuses contradictions en ce qui concerne le handicap. En effet, on considère souvent que c’est un pays très inclusif, ce qui est vrai sous un certain angle. Nos enfants sont tous scolarisés en milieu ordinaire, mais il reste beaucoup à faire car il n’est pas vraiment souhaitable que l’école accueille des enfants handicapés sans accepter de changer elle-même. L’éducation inclusive n’est donc pas aussi efficace qu’elle pourrait l’être. D’autant plus que les parents d’enfants lourdement handicapés rencontrent des difficultés dans le cadre de l’école ordinaire. Nous sommes donc convaincus qu’il faut continuer et améliorer le système. En revanche, l’inclusion scolaire est très formatrice pour le grand public et favorise l’acceptation des personnes handicapées car, si nos enfants n’apprennent pas beaucoup à l’école, ils enseignent beaucoup aux autres. C’est le côté très positif des choses.

      Plus loin elle déplore qu’en Italie « les personnes handicapées ont de très grandes difficultés à avoir accès au marché du travail, ainsi qu’au milieu protégé ».

      Autrement dit, en France, avec les IME, nous avons fait le choix de l’enfant, de l’individu, de se ´ épanouissement, de son éducation, de son autonomie, de sa préparation à la vie d’adulte, c’est l’objectif principal de la scolarisation alors qu’en Italie on fait celui de l’immersion en milieu ordinaire quitte à compromettre ses apprentissages, « Si nos enfants n’apprennent pas beaucoup à l’école, ils enseignent beaucoup aux autres ».

      Le fait que l’Italie n’offre quasiment aucune possibilité de travail en milieu protégé, confirme cela.

      Biensûr, il faut que les enfants bénéficie de situations d’inclusion, qui est un tant soit peu soucieux de ses personnes ne pourraient pas le souhaiter, mais il faut prioriser leur épanouissement, le développement de leurs compétences, les préparer à la vie adulte et rien n’empêche à ce que complémentairement à cela on fasse se rencontrer les uns et les autres autour d’activités sportives ou culturelles comme au triathlon de la Baule, par exemple…

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  4. Nous avons dans notre établissement un IME , une classe Ulis aussi et oui je confirme ce que tu dis concernant la pédagogie et les moyens employés par les éducateurs ou professeurs spécialisés, il est clair qu’ils mettent tout en œuvre pour les besoins physiologiques et psychologiques des enfants et assurent avec grand professionnalisme et bienveillance à leur sécurité…Ils ont été formés pour … et sont équipés pour les accueillir …( matériel adapté, pédagogie personnalisée….)
    Nous avons aussi en école inclusive des cas d’enfants qui devraient être en IME( autistes profonds ) , parce que leurs parents veulent et exigent que leur enfant suivent une scolarité classique , et c’est difficile pour certaines et certains Aesh qui n’ont fait que la formation initiale souvent longtemps après avoir eu le poste , de se retrouver en face d’un handicap  » lourd » , sans matériel adapté et en ayant que survolé en distanciel une formation troubles autistiques … très vague …La réalité sur le terrain dépasse tous les apprentissages …et souvent les profs se retrouvent dépourvus eux aussi face à de telles situations , faire cours ,gérer les crises , en espérant boucler un programme , c’est pas facile … pour tout le monde …
    Ca l’est d’autant plus quand s’ajoutent à cela les inspections avec un vieil inspecteur pour qui Montessori bin comme c’est italien ça doit être une sorte de nouille ,tout doit être à sa place y compris les hyperactifs, sans troubler l’attention !!
    C’est pas facile et donné à tout le monde d’être bienveillants … je crois que si on en manque de bienveillance envers les enfants faut changer de boulot …
    J’ai de la chance de travailler avec beaucoup de personnes bienveillantes, et j’ai un super syndicat …
    Merci Vincent …

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