Zéphir divin



Cinq bancs sont occupés, au temple protestant,
Par les proches parents d’une catéchumène.
C’est à son baptême que l’office la mène,
À la Pentecôte c’est le meilleur instant :

Ce jour, les disciples via un vent consistant
Ont reçu l’esprit saint, surprenant phénomène,
Hormis si l’évangile est lu comme un domaine
Où l’image prévaut au vrai, à l’existant.

Rares sont les croyants qui jamais n’interprètent
Les textes religieux ou la vie très concrète,
Cherchant ici celui qui changea l’eau en vin.

Ainsi au moment clef de la cérémonie,
La pasteure, observant sur une soufflerie
Un ballon léviter, voit le zéphyr divin.

Apôtre de la beauté

Elle est en extase devant un vil prophète ;
Il lui fait miroiter le plus beau des vécus,
Mais il la trompe pour avoir les écus
Qu’elle gagne à l’usine alors qu’il fait la fête.

Pour lui, de ses amis, l’adepte s’est défaite
Comme on jette aux WC l’usagé papier-cul.
L’escroc a en elle l’entendement vaincu,
Avec ses histoires d’êtres d’autres planètes.

Ce vendeur de rêve n’a rien du sage-porc
Que j’admire en raison des très nombreux apports
Qu’il fait à la beauté, dont il est un apôtre.

Des poésies en vers, Cochonfucius produit,
Et dans chacune d’elles un je-ne-sais-quoi luit,
Pour son propre plaisir mais aussi pour le nôtre.