Être et avoir été

Lépanges-sur-Vologne est tristement connu,
Pour être le village où un infanticide
Toujours irrésolu et au combien sordide,
D’un gamin de 4 ans, Grégory, s’est tenu.

Mômes, à tous les congés, nous y sommes venus,
Avec mes quatre frères, de nos vieux, sous l’égide.
Et aujourd’hui encore, alors qu’on a des rides,
Certains peuvent y aller sur des temps plus menus.

La maison a perdu quelque peu de son charme
Depuis que nos parents, à gauche, ont passé l’arme,
Ils nous y attendaient au milieu de l’été.

Trois d’entre nous tentons d’y trouver son ambiance
De convivialité et d’heureuse insouciance,
Mais peut-on à la fois être et avoir été ?

Sauveteur

J’ai reçu un message, il y a quelques jours,
D’un écrivain pour qui j’ai une grande estime.
Peu importe son nom et ses propos intimes,
C’est « Pourquoi il m’est cher ? » que je veux mettre à jour :

Je suis dans les excès plus souvent qu’à mon tour,
Tantôt je suis fort gai, tantôt fort je déprime,
Au point d’envisager sur ma personne un crime,
Grand est dans ces cas là de soi le désamour.

Je vis depuis l’enfance entre ces deux extrêmes,
Ma sensibilité déjà posait problème,
Étant trop tourmenté pour pouvoir étudier.

L’art, des gouffres amers, concourt à nous extraire,
(Moins poétiquement, on dirait du merdier !),
Et son sauveteur on le voit comme un frère.

Rancunier

Mon frère fut surpris de voir dans son Munster
(Fromage fait de lait tiré aux pies de vaches
Qui dans les prés vosgiens, de l’herbe grasse arrachent),
Des mouches en devenir, à l’échelon de ver.

Car toujours il prit soin qu’il soit bien recouvert
Avec son emballage après qu’il eût pour tâche
D’en découper des parts ; nul besoin d’une hache,
La pâte étant coulante à l’instar des beaux vers.

Il n’est rien de vivant qui ne vienne d’un germe,
Pasteur l’a démontré. La conclusion est ferme :
Une ou des drosophiles y ont lâché leurs œufs.

Elles ont dut passer sous la fine enveloppe,
Me privant d’un bon met, les putains de salope !
Excusez mes mots durs, mais fort je leur en veux.

Nage en eau libre

J’aime plus qu’en bassin nager dans l’océan,
Le lever du soleil est la bonne période,
Aucune embarcation alors ne m’incommode,
Des risques d’accident et des remous créant.

De la plage parfois je vois des maréants
Penchés sur des écueils couverts de brachiopodes,
Tandis qu’à haute mer des vielles comme Hérode
Peuvent venir baigner leur imposant séant.

Car mes frères humains, je les veux à la marge,
Dés que je suis à l’eau, vite, je prends le large
(En tractant un flotteur, pour ma sécurité !) :

Plus avec mes grands bras, je multiplie les brasses,
Plus avec mon esprit, la nature j’embrasse,
Et, implicitement, croît ma sérénité.

Rentrée sportive

Bientôt l’entraînement, de l’année, le premier,
C’est une projection qui a tout pour me plaire,
Nager a des bienfaits mentaux et musculaires,
Et je vais retrouver mes chers coéquipiers.

Sauf un qui s’est blessé, il s’est cassé le pied
En voulant échapper à un ours bipolaire,
Non pas que contre lui il était colère,
Mais qu’il a pris ses poils pour ceux de sa moitié.

J’ignore en fait comment rompis son ossature,
Mais je sais que l’humour siège dans ma nature,
Même si bien souvent, il n’amuse que moi.

J’espère que Guillaume a aimé la Norvège,
Qu’il rejoindra bientôt l’aquatique cortège
De Pornic Natation avec les panards droits.

« Nos yeux fermés vers le ciel »

Les rideaux d’or et d’ombre
adoucissent le temps
nous partageons nos corps
avec des choses étranges
des douleurs des espoirs
des peurs et des souvenirs
nos nourrissons nourris d’un drôle d’appétit
les mouches aux plafonds
les questions dans les cendres
nous avons donné des noms aux fleurs
aux lapins
aux secondes
nous avons inventé chansons chaussures
et confitures
nous jouons à tourner
nos yeux fermés vers le ciel
en comptant les couleurs
qui n’existent pas
à sentir l’haleine des fantômes
à tuer les étoiles
sans jamais cessé d’être habité
par ce qui nous manque

Thomas Vinau

Brève

Le proprio : ici vous avez la piscine couverte, 28° en été et 31º en hiver

Le client : Hum, c’est bien on peut y aller même quand il pleut

Le proprio : Là c’est la salle de jeu, vous avez un baby-foot, un billard…

Le client : Parfait pour les jeunes

Le proprio : Et là c’est le SPA, c’est en supplément mais c’est très agréable en fin de journée, j’y vais tous les soirs pour me détendre

Le client : Le SPA, mais c’est pas pour les animaux abandonnés ???

Brève

Xav : J’ai un traitement, l’infirmière me fait une piqûre dans les fesses par mois.

Moi : Et tu sais ce qu’il y a dedans ?

Xav : Non, tout ce que je sais c’est qu’elle coûte 1200 euros alors je peux te dire qu’à ce prix-là, je renifle ce que je pète !

À la Gacilly

Nous fîmes aussi une halte à une exposition,
Lors de notre évadée à dos de bicyclette
L’on apprécia beaucoup les clichés d’un esthète, 
Qui saisit des croyants de toute conditions.

Pour mieux la savourer nous prîmes position
Au frais, dans un transat, le confort à son faîte,
Quand s’assirent trois hommes ainsi que leur conquête,
Du moins me le fit croire une piètre intuition :

De patients schizophrènes, il s’agissait d’un groupe,
Le regard d’un des leurs, jeta le premier doute
Sur l’avis initial que je me fis sur eux.

Il était transparent, comme rempli de vide,
À l’instar de ceux qui de divin sont avides,
Et qu’immortaliser, Abbas est désireux.