Mirabelle anti-corrida

Le taureau est inscrit à une corrida,
Un jeu cruel admis malgré cela en France.
Mirabelle sait bien que son ami d’enfance,
Et non moins amoureux, est dans de sales draps.

Rares sont les males qui survivent au combat,
La plupart périssent non sans quelques souffrances
Au milieu d’une foule assoiffée de violence
Qui n’a pour l’animal pas l’once d’un émoi.

Le jour fatidique, seul à seul dans l’étable,
L’amante lui offre des instants délectables,
L’étalon, épuisé ne se tient plus debout.

Le fermier le jugeant tout à fait hors-service,
Renonce à le livrer aux toreros en lice.
La vache, de nouveau, a réussit son coup.

 

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Mirabelle aux bouses d’or

Un couple illégitime aime à faire l’amour
Dans les herbes hautes, éclairé par la lune.
C’est ainsi qu’une nuit en ce point opportune
Ils ont trouvé un pré où s’aimer jusqu’au jour.

La femme adultère une fois de retour
Voit à son annulaire une grave lacune
Puisque son alliance, payé une fortune
Par son époux trompé, n’est plus à son pourtour.

En panique elle prend à nouveau sa voiture
Sûre d’avoir posé l’objet dans la pâture
Avant de se livrer aux bras de son amant.

Mais quand elle est enfin à hauteur de la couche
Mirabelle saisie le bijou dans sa bouche,
Dès lors tous ses espoirs sont dans ses excréments.

 

Mirabelle passeuse

Une meute de chien court après un chevreuil
Dans le bois mitoyen au parc de Mirabelle.
Ils sont suivis de près par une ribambelle
D’excellents cavaliers en tenue tape-à-l’œil.

Plus le gibier est proche et plus grandit l’orgueil
Du chef d’équipage, mais la bête est rebelle ;
Quand sonne l’hallali elle se fait la belle
En franchissant la haie qui circonscrit le breuil.

L’animal aux abois reprend un peu d’avance
Car l’obstacle est très haut et extrêmement dense,
Si il gagne un taillis il aura forlongé.

Il doit d’abord passer une large rivière
Par un gué inconnu du fuyant mammifère,
La vache l’y emmène en dépit du danger.

Mirabelle mère poule

 

Les forêts revêtent leurs plus belles couleurs
Quand arrive novembre, au milieu de l’automne.
Il faut en profiter car vite le glas sonne
Pour les feuilles des arbres au pic de leur splendeur.

Aussi une famille, la journée du seigneur,
Délaisse son salon pour les allées piétonnes
Qui traversent les bois, bien que leur fils ronchonne
Car il voulait jouer sur son ordinateur.

L’enfant traîne les pieds pour suivre mère et père
Si bien qu’à un moment il perd ses seuls repères.
Ils sont déjà trop loin quand il crie « Au secours ! ».

Après avoir marché jusqu’à la nuit obscure
Il s’endore épuisé au bord d’une pâture,
Mirabelle le couve en attendant le jour.

Mirabelle destrier

 

Pour l’anniversaire de ses sept fois dix ans,
Thérèse, la voisine, organise une fête.
Parmi les invités beaucoup sont en retraite,
Même ceux vivant loin ont répondu présent.

Mais la plupart d’entre-eux sont d’anciens paysans
Avec qui elle jouait quand elle était fillette
Et qui habitent encore auprès de sa fermette
Où elle leur offre des cafés bienfaisants.

Après avoir trop bu d’un vieux Côte du Rhône,
Elle s’imagine être au sein de Game of Thrones
L’amazone appelée, « La mère des dragons. »

Elle prend un balai en guise de grand glaive
Puis cherche un destrier pour mieux vivre son rêve ;
Mirabelle, à défaut, lui sert de canasson.

Mirabelle pompier (suite)

Alerté par le bruit, le paysan accourt,
vétus d’un pyjama et chaussé de ses bottes.
Comme le feu reprend il l’asperge de flotte
puis avec son portable appelle les secours.

Par bonheur ils viennent dans un délais très court
car la mort est proche pour le riche pilote
dont un flot de sang gicle au niveau de la glotte
tel le coq égorgé la veille dans la cour.

Le Qatari remis, plein de reconnaissance,
décide de couvrir les besoins en essence
du modeste fermier tant qu’il travaillera.

Quand à Mirabelle qui a risqué ses fesses
au dessus des flammes pour sauver son altesse,
plutôt qu’à l’abattoir au haras elle ira.

Mirabelle pompier

De retour d’une fête arrosée au Whisky,
la voiture de sport d’un magnat du pétrole
s’élève dans les airs en une cabriole
telle qu’en font parfois les acrobates à ski.

Mais le retour sur terre est loin d’être funky ;
elle fait des tonneaux sur un sol agricole
avant de terminer sa longue course folle
près de Mirabelle broutant un foin exquis.

Les occupants blessés cherchent en vain à s’extraire
de l’amas de metal d’où s’échappe à l’arrière
des flammes oranges claires au fort rayonnement.

Craignant que l’incendie consume l’équipage
et il faut l’avouer, son délicieux fourrage,
la vache l’asphyxie avec ses excréments.