Rêve éveillé

5614468024_c374fc2b21_b

À la récréation, dans un coin de la cour,
Adossé à un mur, les mains au fond des poches,
Il matait l’élève, loin d’être la plus moche,
À qui il n’ose pas aller faire la cour.

Dès qu’elle sort de cours, ses prétendants accours,
Lui font des compliments, partagent leur brioche,
Et vont même jusqu’à lui porter sa sacoche ;
D’idées pour la séduire, ils ne sont pas à court.

Elle est tête de classe, il a le bonnet d’âne,
il craignait de ne pas toucher les bonnets d’Anne,
Se croyant trop bête pour être son aimé.

Pourtant le soir même, derrière le Lycée,
Sa main sous son tee-shirt, la bûcheuse a glissée,
Lui s’est laissé guider, il l’avait fantasmé.

Le monde est stone*

images-42

Il faut bien l’admettre, quelque chose à changé
Quand je fais le bilan, l’inquiétude domine.
Entre les fous d’allah et Vladimir Poutine
La paix dans le monde est en très grand danger.

Je pourrais vous parler de la douceur d’Angers,
( Joachim Du Bellay crierait à la rapine )**,
Des perles de rosées à l’heure des matines,
Or c’est sur ce sujet que je peux échanger.

( Je l’ai déjà écrit, je prend ce qui arrive,
Tant pis si c’est plombant pourvu qu’enfin j’écrive,
Peut-être une autre fois le sonnet sera gai. )

Ils sèment la terreur là où ils s’établissent
Le russe est surpuissant et a de la malice,
La France ferait bien de rester aux aguets.

.

*https://www.youtube.com/watch?v=p5qaMb_b2Xo

**Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ( tiré des Regrets – 1558)

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

Plus mon Loire Gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur Angevine.

L’aventure intérieure

enfant-songeur-a-la-fenetre

À bien y réfléchir, j’écris depuis longtemps
J’étais déjà songeur, assis à la fenêtre
À regarder passer les voitures et les êtres.
Alors que je devais avoir près de sept ans.

Mon esprit s’égarait à l’extérieur du temps
Prenant une direction dont je n’étais pas maître
C’était aussi plaisant qu’une sortie champêtre
Quand poussent les bourgeons, au début du printemps.

Je vis la même chose en état d’écriture,
Sans plans préétablis, je pars à l’aventure.
Dès que l’une prend fin, j’attend celle d’après.

Peu m’importe où je vais pourvu que je voyage
À la découverte de nouveaux paysages
Dont chacun me délivre un sentiment de paix.

Les liaisons dangereuses

Vladimir Poutine soutient Francois Fillon
Parce que ce dernier lui est très favorable
Malgré les exactions dont il se rend coupable,
En Syrie et ailleurs, sur les populations.

De plus, de la Crimée il a fait l’annexion,
Et sur son propre sol, il est impitoyable
Ecrouant ou tuant pour le moindre vocable
Qui ose dénoncer la grande corruption.

Si on ferme les yeux sur sa vile entreprise
Le maître du Kremlin accroîtra son emprise
Bien au-delà même de l’ex-URSS.

Devant le dictateur, le sarthois s’agenouille
Comme d’autres en trente huit, motivés par la trouille,
Ont baissé l’échine face aux terribles SS.

Tableau noir

murfond

Quatre heure du matin et un alexandrin,
A peine j’ouvre un oeil, la poésie m’appelle.
Depuis plus de deux ans j’en compose à la pelle
Lui répondant souvent de peur d’être chagrin.

Parfois je suis contraint d’appuyer sur le frein,
Il me faut travailler ou bien c’est la chapelle,
Assis sous son porche devant une coupelle
Pour demander l’aumône à tous les pèlerins.

Si seulement quelqu’un payait pour que j’écrive !
C’est fort improbable qu’un jour cela n’arrive,
Mais tout au fond de moi, je garde cet espoir.

Ex-écolier battu car dernier de la classe,
Je brandirai tendu mon majeur à la face
De celui qui frappait devant le tableau noir.