Goinfre à plumes

 

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Image Cochonfusius

Un martin-pêcheur bordelais
Qui les beaux poissons décelait
S’est bien servi dans la Garonne,
Bientôt plus gras qu’un porcelet.*

Dans le fleuve, il vit son reflet,
Un matin où il s’envolait
Redoutant une bucheronne.
Il n’aima pas ses bourrelets.

Perdre du poids il le voulait,
Aussi fit-il le tour complet
De Bordeaux puis de sa couronne
Étant à son goût toujours laid.

C’est en survolant un palais
Qu’il reçu un micro boulet
Envoyé par une baronne
Qui s’essayait au pistolet.

L’oiseau lourd tomba sans délai,
Pendant qu’elle jubilait.
Son bon compagnon qui ronronne
Le préféra à du poulet.**

*Cochonfusius

** Je me suis amusé à donné une suite à son rubaiyat.

 

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Mirabelle en a marre

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JAPY Louis Aimé (1840-1916) – Vaches à la mare

 

Aujourd’hui est un jour un peu particulier
Puisque c’est le dernier de l’année calendaire.
Le champagne est au frais au fond du frigidaire,
Sur la table, déjà, trônent les chandeliers.

Le fermier aimerait au plus vite rallier
Des amis qu’il connait depuis le secondaire,
Avec lesquels il fait des soirées légendaires,
Mais doit d’abord finir son travail journalier.

Or une vache manque au moment de la traite,
Exceptionnellement avancée pour la fête,
Ce qui a pour effet de le rendre nerveux.

Il trouve Mirabelle au milieu de la mare,
Refusant de bouger parce qu’elle en a marre
De devoir se plier à chacun de ses vœux.

Mirabelle fait un sit-in

 

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Comme l’herbage est rare au moment de l’hiver,
Le fermier est contraint d’alimenter ses bêtes
Avec du fourrage fauché après la fête
De Saint Jean-Baptiste, quand le blé n’est plus vert.

De fins bovins viennent dès qu’il met le couvert,
Soit, lorsqu’il apporte, posée sur sa charrette,
Une lourde botte que sur le sol il jette
Avant de repartir dans son vieux Land-Rover.

Mirabelle trouve le procédé injuste
Car peu de temps après, des colosses s’incrustent
Et prennent la place des plus prompte à venir.

Un jour que ce phénomène à nouveau se présente,
Les vachettes lésées se joigne à l’opposante
Assise sur le tas, tel un vivant menhir.

Aux enfants de la malchance

Je vois autour de moi beaucoup de jeunes gens
Consommer de l’alcool et fumer une plante
Chère aux rastafariens, de manière importante,
C’est un comportement que je trouve « affligeant ».

Ne voyez en ce mot rien de désobligeant
Il sert à qualifier une chose attristante,
Mon attitude n’est surtout pas méprisante,
Je me garderais bien d’être envers eux jugeant.

Moi-même j’ai usé de toutes ces substances
Alors que je vivais une grande souffrance,
Non pas corporelle mais sur le plan mental.

Et si je n’avais pas rencontré des personnes
Dont l’attention pour moi était hautement bonne
Sans doute ces poisons m’auraient été fatal.

 

Mon bien cher Fred

Il y a trente années, à quelque chose près,
Nos copines étant sœurs, nous faisions connaissance.
Tu achevais alors des études de science,
Le progrès agricole, elles avaient pour objet.

Tu partis pour l’Afrique aider les rwandais
A tirer de leur sol leur propre subsistance,
Puis ce fut la Guinée, Saint Vincent, Fort de France,
Qui te virent mener à bien tous tes projets.

De retour parmi nous, pour vôtre mariage,
Vous nous avez offert un superbe voyage
Dont nous garderons longtemps le souvenir.

Je suis reconnaissant encore de ce geste
Mais dans ma mémoire un plus important reste ;
En chambre stérile nous t’avons vu venir.

 

Ma religion

Que ne ferait-on pas pour ne plus s’ennuyer ?
Les choses les meilleures et quelque fois les pires,
Sauver un inconnu ou alors le détruire,
On peut aussi boire jusqu’à en tournoyer.

À être généreux on tend à s’employer
Car nous sommes comblés lorsque les sanglots virent
Grâce à notre entremise au plus beau des sourires,
Pourtant parfois au mal nous allons nous rallier.

On peut vite y céder si on le laisse faire,
Le tenir à distance est de nos vies l’affaire,
Je ne sais toujours pas comment y parvenir.

J’ai tenté de me rendre une fois à l’église,
Mais quand vint le sermon j’ai rangé mes valises,
Prendre la plume à l’air de mieux me convenir.